Mercredi 8 avril, un cortège d’une dizaine d’ambulances, s’est déplacé en direction de la Préfecture de Fort-de-France. Une délégation d’ambulanciers a échangé avec le préfet pour dénoncer les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, mais aussi pour alerter sur l’inaction de l’Etat face à la montée du prix des carburants.
Au départ de Dillon, les ambulanciers ont pris la direction de l’avenue Maurice Bishop, puis sont arrivés devant la Préfecture de Martinique. Plusieurs ambulanciers affiliés aux syndicats de l’Union Syndicale des Ambulanciers Privés de Martinique (USAPM) et du Syndicat Martiniquais de Mobilité Sanitaire (SMMS), ont été reçus par le Préfet et le directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS).
Roger Pernelle, président du syndicat des ambulanciers de Martinique et gérant d’une société marinoise, donne des explications sur la mobilisation : “Nous avons beaucoup de problèmes et si nous ne nous mobilisons pas, c’est la mort de la profession. A chaque fois que nous faisons une urgence, nous sommes bloqués 2h, 3h voir 4h de temps au Centre Hospitalier Universitaire de Martinique (CHUM). Nous avons des difficultés pour obtenir des pièces, pour réparer les véhicules et des problèmes financiers, car les banques financent de moins en moins. De plus, nous avons le problème avec les pompiers qui, depuis la loi MATRAS, font tous les transports que faisaient les ambulanciers.”
En effet, la loi “MATRAS” du 25 novembre 2021, comprends des dispositions concernant les services d’incendie et de secours et les collectivités territoriales. Elle permet aux sapeurs-pompiers d’effectuer des interventions que les ambulanciers pouvaient faire auparavant.
“Si nous allons dans ce sens, c’est la mort assurée des ambulances. En plus, nous subissons l’augmentation du carburant, les ambulances ne peuvent pas tenir. L’avenir ne sera pas rose si nous dépassons les 2€ le litre” insiste Roger Pernelle.
Les ambulanciers dénoncent l’augmentation du prix des ambulances, frôlant les 100 000 € et des manques de paiements de la part des hôpitaux lorsqu’ils effectuent des transferts.
Après la réunion, la mobilisation a été levée par les ambulanciers.
La préfecture a fait plusieurs propositions
La réunion entre le directeur de l’ARS, la préfecture et la délégation syndicale a porté ses fruits. Plusieurs propositions ont été faites :
– Dispositif de “signalement” personnalisé : Une adresse email dédiée a été mise en place pour permettre à chaque société en difficulté de se manifester. L’objectif est de permettre une intervention rapide des autorités avant toute cessation de paiement.
– Allègement des charges sociales : Le préfet s’est engagé à sensibiliser la Sécurité sociale pour faciliter le report des charges patronales, s’appuyant sur un modèle de réactivité similaire à celui mis en œuvre durant la crise Covid.
– Soutien face à la hausse du carburant : Outre l’annonce nationale d’une aide de 70 euros par véhicule (dont les modalités de versement restent à préciser), le préfet a prôné la transparence sur les coûts, avertissant que les tarifs à la pompe risquent de maintenir leur tendance à la hausse.
– Renforcement de la régulation au CHUM : Pour limiter le recours systématique aux pompiers et favoriser les ambulanciers privés, un budget a été débloqué pour le recrutement d’une deuxième personne dédiée à la régulation des transports urgents au sein de l’hôpital.
– Majoration tarifaire via la certification : L’État a rappelé l’existence d’un mécanisme de bonus. Les entreprises acceptant la “certification des flux” (géolocalisation et traçabilité des missions) bénéficient d’une majoration de leurs tarifs, tandis que celles refusant ce dispositif s’exposent à une baisse de 13 % de leur rémunération.





