La dernière semaine du mois de Mai a été marquée par trois homicides en Martinique.
C’est au deuxième étage de la résidence “Hibiscus” au bâtiment “Figuier” quartier Balata à Fort-de-France, que le jeune homme de 19 ans été mortellement touché par balle. Pourtant, selon les résidents, le jeune homme n’habiterait pas dans la résidence. Il serait de Saint-Joseph. Les traces de sang commencent seulement au premier étage et la douille a été retrouvée au 2e étage. Le jeune homme ne portait ni téléphone portable ni papiers sur lui. Selon plusieurs habitants, les agresseurs étaient 3 voire 4 et ils seraient arrivés à moto et en voiture.
A l’heure où nous écrivons cet article, aucune personne n’a été interpellée. Un suivi psychologique a été proposé aux habitants de la résidence. Une résidence habituellement calme avec en majorité des résidents âgées et des enfants en bas âge. Beaucoup d’entre eux sont traumatisés après avoir entendu les coups de feu, les cris de la victime, mais aussi en voyant les taches de sang et l’odeur qui l’accompagne.
Le président du Conseil Exécutif Serge Letchimy, a envoyé un courrier solennel au Président de la République Française, Emmanuel Macron. Il s’agit du troisième courrier d’alerte en moins d’un an.Au mois de juillet, une conférence sur la sécurité est attendue en Martinique entre la France, nos voisins caribéens, les pays d’Amériques et la Martinique.
Deux homicides en 2 jours
Un homme de 39 ans a été blessé par balles, aux alentours de 22 heures, dans le bourg de Sainte-Marie. Il a été pris en charge par les secours et transporté au CHU. Il a été touché au moins trois fois au niveau de l’abdomen et du dos. L’homme a été héliporté.
Mais le soir du 30 mai, un homme de 17 ans est mort tué par balles dans le bourg du François. Un autre a été blessé et conduit à l’hôpital.
Selon les informations, la victime aurait été mortellement touchée alors qu’elle tentait de séparer une bagarre, impliquant son meurtrier présumé.
Dimanche 31 mai, un homme été retrouvé mort à Volga-Plage aux alentours de 6h15. Une enquête est ouverte par la police nationale pour homicide volontaire. C’est le 14ème homicide de l’année en Martinique. Le 13ème par arme à feu.
Dans la nuit de samedi (30 mai 2026) à dimanche (31 mai 2026), une fusillade a fait deux blessés, rue de l’Abricotier au Saint-Esprit. Un homme a été interpellé et au moins un autre est activement recherché.
Un martiniquais tué à Grenoble par des méthodes liées aux gangs
De l’autre côté de l’Atlantique, un martiniquais âgé de 18 ans, a été abattu lors d’une fusillade à Grenoble, dans l’est de la France. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une affaire sur fond de trafic de stupéfiants. La fusillade a fait un mort et quatre blessés sur un point de deal. Le jeune Martiniquais originaire de Fort-de-France a été retrouvé criblé de balles dans une voiture incendiée dimanche 24 mai à Échirolles, dans un quartier grenoblois. Son corps a été découvert calciné gisant sur la banquette arrière.
Des vidéos terrifiantes ont été partagée sur les réseaux sociaux, où l’on distingue la jeune victime assise à même le sol, les mains semblent-ils, attachées derrière le dos, lisant un texte avec le canon d’une arme automatique posé sur la tête, avant qu’il ne soit froidement abattu : “J’ai été envoyé pour un contrat sur Grenoble. J’en paye les conséquences. Et tous ceux qui vont travailler pour ces mêmes personnes, le paieront aussi comme moi”, a prononcé la victime avant d’être abattue.
Dans une seconde vidéo, on distingue un individu vêtu d’un pull à capuche, faire feu à plusieurs reprises à travers la fenêtre arrière du même véhicule stationné dans un parking.
La préfecture réagit
Après cette brutale fin de mois, la préfecture de Martinique a publié un communiqué intitulé “La lutte contre les armes à feu : priorité de l’État en Martinique”.
“Ces faits, qui ne sont pas liés entre eux, ont pour point commun l’emploi d’armes à feu dans des contextes d’altercations.Ces derniers événements graves confortent la détermination de l’ensemble des services de l’État sous la responsabilité du préfet de la Martinique et, s’agissant des enquêtes judiciaires, du procureur de la République, à lutter contre la circulation des armes à feu. Les opérations de contrôle pour saisir des armes à feu seront poursuivies et amplifiées. 294 armes à feu illégales ont été saisies en 2025 et déjà 93 l’ont été depuis le début de l’année 2026.”
Selon la préfecture, “l’effort de contrôle du trait de côte est permanent, mobilisant la gendarmerie nationale, la police nationale et les douanes. Depuis février 2025, 56 interceptions de débarquements clandestins ont été réalisées, dont 16 depuis le début de l’année, permettant la saisie de plusieurs armes à feu et plusieurs milliers de munitions.”
La préfecture insiste sur le fait que chaque “Martiniquais a un rôle à jouer. Toute information, tout signalement, peut avoir une importance décisive pour aider les enquêteurs, démanteler les réseaux de trafics d’armes et sauver des vies.”
Rappelons que si la “sécurité” est une compétence exclusivement étatique, elle dépend également de notre société.
J-PM (01/06/2026)





