À la suite de son élection au premier tour Maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko fait l’objet d’une campagne de calomnies sur la chaîne de Vincent Bolloré. Plusieurs parlementaires ont annoncé avoir saisi l’Arcom, tandis que le nouvel édile a déposé plainte.
Depuis l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dès le premier tour, dimanche 15 mars, fruit d’une union LFI-PCF, cette haine prend la forme de procès d’intentions malhonnêtes, de suspicions, de comparaisons éhontées et d’attaques haineuses sur la base de mensonges. Leur point de départ ? CNews, chaîne d’information du milliardaire d’extrême droite, Vincent Bolloré, en croisade contre le nouvel édile depuis plusieurs jours. D’où l’annonce de plusieurs parlementaires d’une saisie de l’Arcom.
Bally Bagayoko, de son côté, a déclaré avoir déposé plainte et a organisé un “grand rassemblement antiraciste” le samedi 4 avril à 14h devant l’Hôtel de ville.
Car ces derniers jours, les outrances visant l’élu dionysien ont pullulé sur les plateaux de la chaîne. Le vendredi 3 avril par exemple, CNews a fait le choix d’inviter un psychologue, Jean Doridot, pour lire les intentions, forcément mauvaises, de Bally Bagayoko.
Pour quelles conclusions ? Une comparaison avec un chef de “tribu” qui renverrait aux origines de “grands singes” de l’Homo sapiens.
Un “torrent de racisme”
Une comparaison à connotation raciste qui a fait bondir la gauche dans son ensemble. “Ce racisme crasse et décomplexé est intolérable, a immédiatement réagi Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, qui a annoncé avoir elle aussi saisi l’Arcom. Sa dignité est notre fierté face à ceux qui par leurs paroles déshonorent la France.”
“Je suis choqué par le torrent de racisme qu’il se prend. Beaucoup de médias devraient se poser des questions, estime Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF. “Il est victime d’une campagne raciste absolument scandaleuse.”
Dès le dimanche de son élection, invité à répondre aux questions de LCI en duplex avec Darius Rochebin, Bally Bagayoko martèle une phrase simple à propos de Saint-Denis : “C’est la ville des rois et du peuple vivant.” Une citation du poète Jean Marcenac, à la différence près que ce dernier parle de “rois morts”. Mais il n’en a pas fallu plus à la fachosphère pour entendre une autre phrase.
Le nouveau maire de Saint-Denis dit “c’est la ville des rois… et du peuple vivant”, Rochebin traduit “c’est la ville des noirs” !
Invité sur la chaîne Twitch de l’Humanité, ce mercredi, Bally Bagayoko a répondu avec calme : “Nous sommes tout ce que l’extrême droite déteste. Nous sommes la fierté de la République. Saint-Denis, c’est 150 nationalités différentes. Quand on nous demande dans quelles mains nous sommes, nous répondons : dans celles du peuple.”
“La meilleure réponse que nous pouvons leur apporter, c’est le calme et le résultat des urnes, de la démocratie”, a réagi sa colistière PCF, Sofia Boutrih.
La Rédaction avec Anthony Cortes de l’Humanité





