La nouvelle hausse des prix des carburants : Précurseur d’un recul économique et social en Martinique

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La dernière hausse des carburants du 1er mai en Martinique a été très sensible. Et le public l’a perçue douloureusement. Le gazole routier a franchi la barre des 2 euros le litre en atteignant 2,09 €/l, soit + 14 centimes. Et le super sans plomb l’a frôlée à 1,96 €/l, soit + 10 centimes.

Nous en rendons compte dans ce numéro.

Certes les prix du carburant restent inférieurs à ceux en cours en France et ils sont encadrés par la Préfecture. Cette dernière s’est empressée de publier les mesures de soutien de l’Etat à certains secteurs économiques. Et l’indemnité carburant de 50 € pour les personnes grands rouleurs utilisant un véhicule personnel à des fins professionnelles est devenue applicable.

Cependant le choc pour plusieurs professions est important. Le BTP déjà frappé par un fort marasme. Les infirmiers libéraux également. Et les transporteurs, le secteur agricole, la pêche, etc.

L’impact de la guerre au Moyen-Orient ne se limite pas aux carburants et dérivés du pétrole. Plusieurs matières premières sont frappées, comme les engrais.

Déjà l’économie française a été à l’arrêt au premier trimestre 2026 selon l’Insee, contrairement aux prévisions de progression du gouvernement Lecornu. Certains spécialistes envisagent même une récession en France à la fin de cette année.

Les grandes institutions économiques internationales, type Fonds monétaire international ou Banque centrale européenne, etc, prédisent un regain d’inflation et un ralentissement de l’économie, notamment en Europe.

L’ONU annonce une poussée de millions de pauvres dans le monde, en raison de l’augmentation des prix alimentaires.

Autrement dit, sans jouer aux prophètes de malheur, la Martinique, scotchée aux importations, sera touchée par répercussion et le pouvoir d’achat sera amputé. L’emploi, déjà rogné en 2025, risque de payer un tribut assuré à cette tornade économique annoncée. Il faut augmenter le smic et les salaires.

Mais il y a aussi des profiteurs de guerre.

En premier lieu, c’est l’industrie pétrolière et gazière qui engrange les profits les plus considérables et le plus rapidement. Le choc énergétique provoqué par le blocage du détroit d’Ormuz et la crainte de ruptures d’approvisionnement font flamber les cours du baril de pétrole brut et en même temps les bénéfices.

Résultat : TotalEnergies, la plus grande entreprise française, affiche au premier trimestre un bénéfice net de 5 milliards d’euros, en hausse de plus de 50 % sur un an. Devant cette razzia, le Premier ministre français Sébastien Lecornu, supplie  la multinationale pétrolière de « redistribuer » ses “surprofits” en plafonnant des prix à la pompe. En France.

Toutefois la spirale inflationniste ne s’arrête pas aux frontières de ce pays et ne se limite pas aux seuls marchés de l’énergie.

Du fait de sa dépendance néocoloniale, la Martinique subira le franchissement de ce cyclone via l’Atlantique. La spéculation, de plus, s’empare de toutes les matières premières, jusqu’aux produits alimentaires.

Contre cet engrenage de prédation, un choix s’impose : bloquer les prix, taxer les profits. Et les redistribuer pour soulager le portefeuille des citoyens.

En attendant de reconstruire l’économie de notre pays, arrachons les instruments locaux pour le faire. Sortir de la dépendance imposée.

Michel Branchi (4/05/2026)

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