Vendredi 17 avril, le Grand Port Maritime de la Martinique (GPMLM) a inauguré le Lab’ô Coraux au quai de l’hydrobase à Fort-de-France. Il s’agit d’une plateforme scientifique développée en partenariat avec le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) afin de préserver les récifs coralliens. Le Lab’ô Coraux a été inauguré devant la direction du port, des représentants de l’Etat et des parlementaires.
Le Grand Port a souhaité développer une action visant à préserver les coraux qui sont impactés par la pollution liée à son activité. Une prise de contact a eu lieu entre un chercheur du CNRS qui est à l’Université des Antilles et la direction du port, pour répondre à cette question. Cette initiative marque une étape majeure dans la coopération scientifique et environnementale entre les deux institutions, dans la continuité du protocole d’accord-cadre signé en juin 2025.
Le chargé de mission des Outre-Mer pour le CNRS Etienne SNOECK, précise l’intérêt de l’action du centre de recherche : “Le CNRS veut soutenir des projets impactant pour les outre-mer, coconstruit avec les acteurs du territoire, pour ne pas être dans une situation où ça part de la France vers les territoires, mais que ce soit des actions qui répondent aux besoins des territoires. Tous les feux étaient verts : le Grand Port voulait développer des actions sur une question scientifique et écologique, qui est comment on préserve notre écosystème ? C’est une question scientifique qui s’inscrit dans la stratégie du CNRS. C’est pour cela qu’on accompagne ce labo.”
L’objectif du labo, est de créer une culture des coraux dans différents bassins, afin de les réintégrer dans l’écosystème autour du Grand Port. Il s’agit du micro-bouturage, qui est une technique de multiplication végétative qui consiste à prélever des fragments d’une plante et à les cultiver en flacons fermés, pour régénérer un seul ou un grand nombre d’individus.
Le site est équipé d’un laboratoire humide, doté d’un système aquacole expérimental permettant la culture de micro-boutures de coraux, ainsi que d’un laboratoire sec. Les travaux menés viseront l’acclimatation des coraux et leur réintroduction progressive dans le milieu naturel, contribuant à la préservation des fonctions récifales.
Un budget de 783 000€
Selon Bruno Mencé, le président du directoire du GPMLM, le port n’est pas uniquement un acteur économique, et peut contribuer différemment : “Le port est un établissement stratégique, qui est toujours vu comme un établissement économique. Certes, c’est l’une de ses fonctions principales, mais il faut que tout cela se fasse en adéquation avec la préservation de notre environnement.
On ne peut pas développer économiquement sans tenir compte de l’environnement.”
Selon le directoire du port, le budget est de 783 000€ dont 540 000€ par le port et le reste par le CNRS, qui va mettre à disposition un personnel qualifié de chercheurs, qui vont faire de la recherche appliquée.
La convention s’étend sur 4 ans, de 2025 à 2029 entre le port et le CNRS.
“Le CNRS veut voir comment construire avec nos partenaires universitaires, le grand port, les collectivités etc, des expertises pour répondre à leurs besoins. Donc avec et pour les territoires, nous voulons vraiment coconstruire et ce labo est une bonne illustration”, rappelle Etienne Snoeck.
Le Labo’Coraux sera ouvert au grand public gratuitement : “Le public que nous visons ce sont les scolaires pour sensibiliser la Martinique dès le plus jeune âge à la protection de son environnement. Nous n’allons pas en faire quelque chose de commercial”, explique Bruno Mencé.
Les abords du laboratoire seront aménagés pour mieux accueillir le public.
J-PM





