Après plusieurs échecs dans les négociations entre Martinique Transport, la direction de la société Transaglo et les agents grévistes de la CGTM, le tribunal judiciaire de Fort-de-France a ordonné aux grévistes de libérer les accès des dépôts de bus et du centre technique de l’Etang Z’abricot et du dépôt de bus du TCSP au Lareinty, lors de l’audience du lundi 13 avril.
Martinique Transport et les sociétés de transport non-grévistes ont repris le travail depuis le lundi 20 avril. Le conflit chez Transaglo se poursuit.
La semaine dernière a été agitée du côté des transports dans le centre de la Martinique.
Lundi 13 avril, le tribunal judiciaire a interdit toute tentative de blocage et qu’en cas de non-respect les autorités pourront intervenir afin d’évacuer les obstacles et de rétablir la circulation. Une astreinte de 1000€ par jour pourra être appliquée.
Mardi 14 avril, les sites étaient accessibles, sauf que les véhicules ne sont pas sortis des différents dépôts. Selon les agents de la Régie des Transports de Martinique, il est important de vérifier la conformité des véhicules, restés à l’arrêt depuis plus de 30 jours. Après étude, une cinquantaine de véhicules nécessite une inspection approfondie. Une vingtaine sont actuellement interdits de circulation, car leurs contrôles techniques ont expiré durant le conflit.
La RTM a indiqué qu’un de ses véhicules a été vandalisé le mercredi 15 avril.
Martinique Transport dénonce une intrusion des grévistes
Dans un communiqué, Martinique Transport a dénoncé une “nouvelle intrusion des grévistes de Transaglo” à la gare de Mahault le 17 avril.
“Il s’agit d’un nouvel exemple du climat délétère dans lequel se trouve le réseau urbain du Centre. Conscients de la souffrance des usagers depuis près d’un mois, les conducteurs de la RTM ont souhaité tenter une nouvelle sortie des BHNS le vendredi 17 avril et ont une nouvelle fois été empêchés d’exercer leur mission de service public par des salariés de TRANSAGLO.”
Le service des BHNS n’a pas pu reprendre le 17 avril comme prévu.
La CTM engage un audit financier
La Collectivité Territoriale de Martinique a engagé un audit financier, juridique, organisationnel et stratégique du système de transport, afin de poser un diagnostic complet et partagé. C’est ce qu’elle a annoncé dans un communiqué le 14 avril. “Au-delà de l’analyse, des données financières et des organisations en place, cette démarche vise à interroger les modèles existants, à évaluer les marges de transformation des dispositifs contractuels et à définir une trajectoire claire, soutenable et adaptée aux réalités martiniquaises.
Il s’agit, dans une approche globale, de comprendre les déséquilibres dans toutes leurs dimensions, d’identifier des leviers d’action structurants et de créer les conditions d’un service de transport public fiable, accessible et durable, au service de tous.”
La mission est estimée entre 8 et 9 semaines. Des recommandations chiffrées, hiérarchisées et opérationnelles seront remises à la Collectivité afin de travailler sur des actions opérationnelles en collaboration avec Martinique Transport, la Régie des Transports de Martinique, les EPCI et les communes.
Depuis le 11 avril, l’élu territorial Daniel Marie-Sainte (Gran Sanblé) avait émis l’importance de la création d’une convention collective dans le transport en Martinique, pour la mise en place d’un service minimum : “Il y a des gens qui découvrent cette nécessité aujourd’hui !! Je parle de la nécessité d’une Convention Collective dans le secteur des transports, depuis plus de 5 ans ! Ce n’est pas l’Autorité Unique qui peut la mettre en place, mais les partenaires sociaux (patrons et salariés) qui doivent entrer en négociation avec la médiation de la Direction du travail, pour élaborer ce document qui mettra fin à l’inégalité dans les salaires d’une entreprise à l’autre et créera un dispositif de “service minimum” lors des grèves !!!”
Bien que la grève de Transaglo se poursuit, Martinique Transport et les sociétés non-grévistes du Réseau Centre ont acté une reprise des bus depuis lundi 20 avril. Afin de prévenir les dégradations et les agressions, le service a été assuré sur des horaires décalés et réduits de façon provisoire : de 6h00 à 18h30. Ce créneau a permis aux forces de l’ordre d’effectuer des reconnaissances sur les circuits avant et pendant le service.
Dernière minute : Lundi 20 avril, une dizaine de grévistes de Transaglo étaient présents à proximité du dépôt du Lareinty vers 5 heures du matin. Certains d’entre eux ont par la suite formé un cortège pour une opération molokoy entre le Lamentin et l’hôtel de la CTM à Cluny. Ils ont été reçus par une délégation de la Collectivité Territoriale de Martinique. Un important dispositif de sécurité avec les forces de l’ordre a été mis en place pour s’assurer du bon fonctionnement des services de transport sur le centre de la Martinique.
Les lignes de bus, hormis celles desservies par Transgalo, sont également en fonction depuis le 20 avril sur les communes du centre.
J-PM (20/04/2026)





