Mobilisation des étudiants : Quand se nourrir devient un casse-tête au quotidien

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Le lundi 13 avril, plusieurs étudiants de l’Université des Antilles se sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de vie, entre absence de restauration sur le site des Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation (l’INSPÉ) à Fort-de-France et dégradation des logements universitaires sur le campus de Schœlcher.Pour se faire entendre, une trentaine d’entre eux ont brièvement bloqué l’accès au restaurant universitaire, pointant une situation jugée intenable au quotidien.

Sur le site de la Pointe-des-Nègres, aucun dispositif de restauration n’est proposé, obligeant les étudiants à se tourner vers des solutions coûteuses et peu adaptées. Une difficulté majeure, notamment pour les boursiers, qui ne peuvent pas bénéficier des repas à tarif réduit faute d’infrastructure sur place. Dans un communiqué publié fin mars, les élus étudiants dénonçaient déjà “une précarité alimentaire” et mettaient directement en cause le CROUS Antilles-Guyane, accusé d’un manque de réponses concrètes. Ils réclament notamment la mise en place d’un service de restauration d’ici la rentrée 2026.

Une colère liée au quotidien

Le problème principal est le suivant : sur le site de la Pointe-des-Nègres, à Fort-de-France, il n’y a aucun endroit pour manger. Pour beaucoup d’étudiants, cela complique fortement le quotidien.Les solutions à proximité existent, mais elles restent chères. À la longue, cela représente un budget difficile à tenir, surtout pour les étudiants boursiers. En théorie, certains pourraient bénéficier du repas à un euro dans les restaurants universitaires. Mais dans les faits, c’est compliqué : le campus de Schœlcher est trop loin. Il faut compter environ 30 minutes en transport en commun, sans même tenir compte des embouteillages, ce qui rend l’aller-retour sur la pause déjeuner presque impossible compte tenu des contraintes d’horaires et de circulation.

Les élus étudiants parlent d’une situation “insupportable” et dénoncent une vraie difficulté à se nourrir correctement au quotidien.

Un blocage pour se faire entendre

Le blocage du restaurant universitaire s’inscrit dans un mouvement lancé fin mars, avec plusieurs réunions d’étudiants pour organiser la mobilisation.Le message est clair : les étudiants ne visent pas l’Université des Antilles, mais le CROUS, qu’ils jugent responsable des problèmes liés à la vie étudiante.

Des logements universitaires dégradés

Autre point de crispation : l’état des résidences universitaires à Schœlcher. De nombreux étudiants décrivent des logements vieillissants, avec des problèmes récurrents d’ascenseurs, d’électricité ou encore d’installations sanitaires.Certains évoquent également la présence de nuisibles ou des équipements dégradés, rendant le quotidien difficile.

Faute de solutions adaptées, quelques étudiants reconnaissent contourner les règles, notamment en installant du matériel de cuisson dans leur chambre.

Des engagements encore attendus

À la suite de la mobilisation du 13 avril, des discussions ont été engagées avec les différentes institutions. Plusieurs pistes ont été avancées, dont la mise en place rapide d’une offre alimentaire provisoire à l’INSPÉ.

Des travaux d’aménagement dans les résidences ont également été évoqués, ainsi que des projets de rénovation plus ambitieux à plus long terme. Mais du côté des étudiants, la prudence reste de mise. Si cette mobilisation a permis d’ouvrir le dialogue, elle pourrait ne pas rester sans suite. Une reconduction du mouvement était envisagée dès le lundi 20 avril en l’absence d’avancées concrètes.                                                               

M.C le 16/04/2026

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