Radio Caraïbe Internationale dans l’émission “Un point à la ligne” de Philippe Diser a interviewé M. Edouard Gamess, présenté comme “Consultant sénior et formateur en management public et finances publiques”. Indiquons, en outre, que M. Edouard Gamess a été Directeur des finances de la CTM sous la mandature d’Alfred Marie-Jeanne, marquée par la découverte d’un déficit énorme laissé par les présidents de la Région et du département de la Martinique fusionnés.
Audit ? Pour connaître la situation d’une collectivité
Philippe DISER demande d’abord : “Les nouveaux maires, seront-il rattrapés par la situation financière des communes ?”. Il n’hésite pas à demander s’il est possible d’embaucher comme souvent les candidats l’ont promis. Réponse en esquive. Et la volonté de faire des audits des finances ?
Edouard GAMESS répond : “L’audit fait partie de ces outils peut-être nécessaires à la prise de fonction et qui permettent effectivement à une nouvelle équipe, mais aussi à une équipe reconstituée d’avoir une réponse sincère et réaliste de la situation d’une collectivité.«
Il précise que, sauf saisine par le Préfet de la Chambre régionale des comptes (CRC), il n’existe aucun contrôle des comptes des communes et que “on peut penser à tort ou à raison que les comptes sont ou ne sont pas sincères.”
Les recettes ?Les élus doivent se former et s’informer
Sur la question des recettes des communes, en particulier l’octroi de mer et la taxe spéciale sur les carburants, Edouard Gamess ne mâche pas ses mots. Il déclare : “Là, on pose peut-être la question de la formation des élus, singulièrement des nouvelles équipes, qui doivent dans les premiers temps de prise de fonction, se former et appréhender les dimensions financières des collectivités et, à partir de ce moment, les élus réalisent la proportion des différentes recettes dans un budget et surtout leurs apports attendus éventuellement. Malheureusement, c’est une des réalités du monde territorial actuel, la limitation de leur progression, voir leur régression.”
Les élus doivent se former et s’informer.
Connaître les réalités avant de promettre
Philippe Diser insiste : “Quand vous entendez les candidats sur les questions financières, ça vous suscite de l’inquiétude où vous vous dites qu’ils devront faire face à une réalité qu’ils méconnaissent parfois ?”
Son interlocuteur n’y pas par quatre chemins : “Il faut absolument qu’ils fassent le nécessaire pour pouvoir connaître ces réalités. Quels que soit les projets et, dans le monde où nous vivons actuellement, on ne peut pas réaliser un projet sans avoir un financement adapté et adéquat à ce projet. La première question à se poser, c’est est-ce que j’ai les moyens financiers de réaliser les projets que j’ai annoncés.”
Disons qu’il vaudrait mieux se poser la question avant de promettre. D’autant que l’Etat et le gouvernement ont annoncé “une année blanche” en 2026 en termes de dotations aux collectivités, rappelle-t-il. En tous cas, pour réaliser des projets, il faut surtout dégager une épargne, martèle Edouard Gamess. En clair, faire des économies de fonctionnement.
Situation financière des communes : Délicate pour la plupart
Sur la réalité de la situation financière des communes, en termes mesurés le spécialiste des finances publiques avertit ironiquement : “J’ai envie de vous dire que je leur laisse le plaisir de découvrir la réalité de la situation de leur collectivité.”
Et d’ajouter, plus directement : “Ce n’est pas un secret, d’affirmer à l’heure actuelle que la plupart des collectivités sont dans des situations délicates, qu’il s’agisse des communes ou les intercommunalités ou la CTM”.
Triste situation en fait.
Comme nous l’avons dit récemment dans un éditorial : La Martinique se retrouve face à ses problèmes de mal-développement. Elle devra se doter d’un bouclier anti-crise vu le contexte international de risque de récession.
“J”





