La Martinique constitue une société originale de type néocolonial et elle évolue constamment. Elle change sous diverses influences et facteurs.
Des influences souvent externes venant principalement de la puissance dominante, la France. Également de l’Europe qui impose sa législation et son ordre.
Et du monde entier occidental sous l’empire américain.
Les forces internes du pays Martinique produisent des mutations aussi.
Depuis plus de 20 ans, la démographie martiniquaise en entrée en crise avec la baisse des naissances et l’exode des jeunes. Conséquence à retardement des années Bumidom, a diagnostiqué l’Institut national de la démographie (Inded). Le résultat est le vieillissement accéléré et ses conséquences en matière de besoins de santé et de baisse du pouvoir d’achat des retraites.
Le pays enregistre une montée de la violence armée. Elle est en grande partie liée à la pénétration du narco trafic qui attire une partie de la jeunesse du fait du mirage de l’argent rapide et facile. Ce commerce sinistre gangrène le pays en profondeur. La vie humaine ne représente rien pour certains. On en vient même à en faire un modèle à exporter.
Une étude récente de l’Inserm analyse les changements dans la sexualité des pays dits d’outre-mer dont la Martinique : entrée dans la sexualité plus tardive, jeunes femmes plus libres et ayant un nombre de partenaires plus élevé que les jeunes hommes, acceptation de l’homosexualité plus élevés chez les jeunes femmes, etc. Comportements qui se modifient.
Elections municipales 2026. D’éminents politologues et politiques, comme Justin Daniel ou Claude Lise, nous expliquent que l’abstention et la dépolitisation ont progressé en Martinique, accentuant le recul du rôle des partis politiques. Toutefois le scrutin exprime une forte exigence de prise en compte des services les plus basiques et de changement dans les gestions alors que les collectivités locales sont exsangues financièrement.
Pour faire face à la vie chère et à la pression à l’érosion du pouvoir d’achat ainsi aussi qu’à la promotion capitaliste à son modèle de consommation, les Martiniquais augmentent leur endettement du crédit à la consommation et puisent dans leur épargne. D’où l’accroissement du surendettement des couches moyennes et populaires. Les créances douteuses de non remboursement pour les banques s’élèvent au montant astronomique de 700 millions d’euros en 2025.
Ces évolutions dans notre société nécessitent que nous les comprenions et que nous puissions y adapter les réponses.
Cela ne change pas la nature du système qui nous régit. Mais nous devons déchiffrer ce qui remue à l’intérieur du corps social martiniquais pour porter les aspirations immédiates du peuple.
Et, au-delà, proposer les transformations que le pays attend pour sortir de la dépendance et du marasme. Et alors tracer un avenir plus prometteur.
Michel Branchi (20/04/2026)





