Jeudi 2 juillet, des chefs de délégations venus de tous les pays de la Caraïbe, mais aussi du Japon et des Etats-Unis, étaient présent à l’Université des Antilles pour la conférence régionale. Pour cet évènement, trois ministres de France étaient présents : Jean-Didier Berger, Jean-Noël Barrot et Naïma Moutchou.
Devant des représentants de pays de la “petite Caraïbe” (Sainte-Lucie, Barbade etc), d’Amérique du Sud, de pays européens comme l’Italie et asiatiques comme le Japon, le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, a tenu un discours sur les données de la criminalité en Martinique, qui n’ont pas cessé d’augmenter.
“Une quarantaine de pays présents en Martinique, qui décident collectivement de joindre leurs forces pour entraver les activités de ces organisations transnationales spécialisées dans le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains, c’est tout simplement inédit” rappelle Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Également présent pour la conférence, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, indique que la lutte contre le narcotrafic est l’une des priorités de l’État français : “La lutte contre le narcotrafic est un enjeu global. On ne peut pas être fort à l’intérieur d’un État si on n’est pas fort à l’extérieur, dans nos relations régionales et internationales. Le narcotrafic a désormais une dimension transnationale.”
La France et le Brésil ont signé le 1er juillet à Brasilia, une feuille de route visant à renforcer la coopération entre les deux pays à la frontière guyanaise, notamment dans la lutte contre le narcotrafic et les crimes environnementaux.”
“ À travers l’ouverture de cette conférence, nous avons vu comment les différents états de la région entendent travailler leur coopération pour faire en sorte d’aboutir à cet appel de la Martinique, qui sera notre feuille de route. Individuellement, il y a peu de chances que nous puissions gagner face à la criminalité organisée, mais ensemble nous avons toutes nos chances”, conclut le ministre Jean-Didier Berger.
Naïma Moutchou met l’accent sur le volet social
Pour la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, la stratégie de la France est de placer les Outre-mer au cœur de son action : faire face à la menace et agir avec détermination pour protéger les lignes de front de la République, au cœur de la Caraïbe et en Amérique Latine. “Les Outre-mer sont aux avant-postes de la lutte contre le narcotrafic. Il est évident pour nous de dire que nous déclarons la guerre depuis la Martinique, depuis cette zone de la Caraïbe qui est particulièrement affectée.”
Selon la ministre, tout ne se résume pas à “faire la guerre” : il faut également agir sur le volet social : “Ce n’est pas qu’un sujet sécuritaire, c’est un sujet social également. Il faut aussi qu’avec l’éducation nationale, les associations, les collectivités, les élus, les familles, que nous prenions à bras-le-corps ce sujet.
C’est une responsabilité collective.”
Le gouvernement dresse un plan de lutte
Pour Jean-Didier Berger, il faut aussi mettre davantage de moyens contre les consommateurs : “Il n’y a pas de consommation anodine. En France, une personne sur trois a déjà consommé, 900 000 personnes en consomment tous les jours, chacun des consommateurs a un peu de sang sur les mains.
Et il y a des impacts sur les violences, sur la vie quotidienne, sur la santé, sur la réussite éducative. Tous ces enjeux sont liés à la consommation. On ne peut pas d’un côté s’indigner lorsqu’il y a des crimes, des balles perdues et de l’autre, consommer comme-ci les deux n’avaient aucun lien.”
Le 2 juillet 2026, le président de la République française Emmanuel Macron, a annoncé un nouveau plan de lutte contre le narcotrafic, visant à accroître encore la capacité d’action des pouvoirs publics. Ce plan dispose d’une déclinaison territoriale particulière pour les territoires des Antilles et de la Guyane. Il se décline sous cinq axes :
- Accroitre de la coopération avec les États partenaires appartenant à la zone Caraïbes/Amérique latine afin de rendre cette région exposée inhospitalière pour les trafiquants.
- Renforcer la sécurisation de l’ensemble des points d’entrée en Martinique et en Guyane, qu’il s’agisse des ports et aéroports, du trait de côte ou des frontières terrestres.
- Organiser une mobilisation collective pour soutenir les populations locales et renforcer la cohésion sociale par le renforcement de la présence sur la voie publique, la prévention et la prise en charge des addictions ainsi que l’accompagnement des plus jeunes.
- Des instruments supplémentaires pour mieux cibler et frapper les trafiquants et leurs réseaux.
- Proposer des outils pour protéger les agents chargés de la lutte contre le narcotrafic ou directement exposés à lui.
L’État semble prendre au sérieux sa compétence sur la sécurité de nos territoires. Il faut absolument stopper la progression regrettable de l’insécurité en Martinique.
J-P Mert (03/07/2026)





