Accord-cadre solennel pour le changement institutionnel: Pourquoi ce tintamarre de récriminations ? Annou vansé !

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La signature le 1er juillet 2026 d’un Accord-cadre pour le changement institutionnel entre le Président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, et la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, a immédiatement déclenché un tintamarre de protestations venant principalement du grand patronat et aussi du représentant local du parti français Les Républicains, Yann Monplaisir.
Que dit cet accord-cadre ?
Pour l’essentiel, il annonce qu’une délégation martiniquaise issue du Congrès des élus et des représentants de l’Etat français vont discuter de l’attribution à la Martinique d’un “pouvoir normatif autonome”, surtout d’une « autonomie fiscale progressive” et de l’extension des compétences actuelles du pouvoir local, sans empiéter sur les fonctions régaliennes de la République française.
Il est affirmé clairement qu’en tout état de cause, avant tout changement institutionnel ou statutaire, le peuple martiniquais, dument informé, sera consulté. Conformément à la Résolution unanime du Congrès des élus des 8 et 24 octobre 2025.
Toutefois, cet accord-cadre ne reprend pas la mention du congrès des élus que la Martinique constitue une nation et un peuple.
Le même jour 1er juillet, le grand patronat martiniquais a tiré à l’arme lourde sur cet accord-cadre.
Une certaine MARTINIQUE ÉCONOMIQUE qui regroupe le Medef, contacts entreprises, la CCIM, l’AMPI a publié un communiqué virulent où il exprime son opposition à cette évolution institutionnelle, et plus particulièrement à l’instauration d’un pouvoir normatif autonome, notamment en matière fiscale. Dans son collimateur est particulièrement visée l’autonomie fiscale progressive, accusée avant l’heure, de nuire “aux capacités d’investissement des entreprises, à leur compétitivité et à l’attractivité du territoire”.
Le gratin des capitalistes martiniquais dit tout de go qu’il refuse de participer à la modification de l’actuel modèle économique martiniquais de type néocolonial, responsable du mal-développement, de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi massifs. En bref le clan de l’oligarchie est oxydé sur l’actuel système qui génère des inégalités sociales et exige l’abandon de tout changement institutionnel au milieu de pas moins de neuf sommations. “Pas de blanc-seing”, lance-t-il en guise d’oukase.
Pour asseoir ses prétentions le lobby des possédants met en avant les défaillances de l’actuelle gestion de la Collectivité territoriale de Martinique, notamment en matière d’eau, de transport, de déchets et son marasme financier.
Sans justifier la mauvaise gestion de l’équipe aux manettes de la CTM, notons que le patronat feint d’ignorer les graves carences de l’Etat et du gouvernement présent dans le financement de ces services publics locaux ainsi que leur attachement à un mode de développement économique suranné et à peine démarqué du pacte colonial de Colbert.
Le même jour du 1er juillet, tir croisé du Maire de Saint-Joseph, le ci-devant Yann Monplaisir. Il proclame dans son libelle : “Pour le respect de la souveraineté du peuple martiniquais et contre toute dérive vers l’autonomie sans mandat populaire”. Dans son réquisitoire, qui converge étrangement avec celui du patronat, figure l’accusation que le pouvoir fiscal progressif revendiqué aboutira à créer de nouveaux impôts et taxes pesant directement sur les ménages. Et la TVA ? Et l’impôt sur le revenu ? Ils seraient tolérables, tels qu’ils sont, puisqu’ils rentrent directement dans les caisses de l’Etat central ?
A la vérité, l’accord-cadre signé n’est qu’un engagement de négocier une évolution institutionnelle qui reste à définir et à voter par le Parlement français pour qu’elle aboutisse à un vrai pouvoir politique martiniquais. Le peuple sera informé clairement et consulté. C’est la loi.
Mé yo ka pran douvan avan douvan pran yo !
Fok nou koprann kè nou kaye bouzouin Konbat rèd politikman pou vansé assou responsabilité pèp nou.

Michel Branchi (6/07/2026)

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