Dans Justice n°27 du 2/07/2026 nous avons rendu compte de la dernière plénière de la CTM des 25 et 26/06/2026 et du débat principal et très critique sur le Compte administratif 2025(CA). Nous avons donné un résumé des comptes montrant que l’exécution de l’exercice 2025 s’était soldée par un déficit. L’excédent de 32 millions d’euros exhibé par la majorité Allians n’est obtenu que par des reports d’exercices antérieurs et un apport positif recettes/dépenses des restes à réaliser.
Depuis, nous avons pu avoir connaissance de l’avis du CESECEM (Conseil Economique, Social, Environnemental, de la Culture et de l’Education de Martinique) sur ce compte administratif 2025 (CA).
Il rejoint en grande partie notre appréciation.
Pour l’information de nos lecteurs nous en reprenons ci-après les principaux éléments lus en séance par le vice-président Gilles Belmo, en l’absence du président du Cesecem Eric Bellemare. “ J”.
Extraits significatifs de l’avis du Cescem :
1/ “La situation financière de la CTM au titre de l’exercice 2025, présente un résultat global déficitaire dû au déficit de la section investissement. Le résultat de clôture de l’exercice 2025 s’établit à – 38M€ traduisant une dégradation de l’équilibre global. Ce déficit résulte d’un excédent de fonctionnement de 13,5 M€ et d’un déficit d’investissement de – 51,8M€.
2/ Le CESECEM note que la CTM conserve une capacité d’autofinancement partielle mais insuffisante pour couvrir l’investissement.
3/ Le résultat global net de clôture, ressort en excédent de 3,5M€ après la prise en compte des restes à réaliser. (…) cet excédent apparait fragile car dépendant d’éléments non-réalisés fait apercevoir des dépenses reportées, ce qui interroge sur le niveau de la trésorerie réelle.
4/ La situation financière de la CTM présente un taux de réalisation en recul, soit une baisse significative par rapport à 2024(…)
(…) La situation financière de la CTM, présente une sous-consommation marquée des crédits d’investissements. Le taux d’exécution des dépenses d’investissements, s’établi à 50,5%.
5/ (…) La situation financière de la CTM, présente une progression des dépenses réelles. Cette progression reflète une pression croissante sur les charges obligatoires et une dynamique difficilement compressible compte-tenu de la situation locale.
6/ La situation financière de la CTM présente aussi une baisse du dynamisme des recettes, le taux de réalisation des recettes est en recul. Le CESECEM relève que la collectivité subit une dégradation de ses marges de manœuvre financière. La situation de la CTM présente aussi un poids prépondérant des dépenses sociales (RSA, APA…) représente près de 49% des dépenses de fonctionnement.
7/ Une dépendance accrue des financements externes. Les ressources reposent essentiellement sur la fiscalité locale, les dotations de l’Etat et les fonds européens.
Le CESECEM analyse cette structure comme limitant l’économie financière. La faible capacité du pilotage des recettes, et la sensibilité élevée des décisions nationales et européennes.
8/ Le CESECEM note une trajectoire de redressement engagée et des fragilités structurelles persistantes.
Le CESECEM recommande en 5 points :
a- De renforcer le pilotage budgétaire, d’améliorer le taux de réalisation d’investissement, de suivre de façon accrue les opérations structurantes, de rationaliser les procédures internes.
b- D’optimiser les recettes en améliorant le recouvrement, en sécurisant les concours financiers de l’Etat et en diversifiant les ressources.
c- De mieux mobiliser les financements européens, accélérer la programmation, renforcer l’ingénierie de budget, améliorer le suivi des paiements.
d- De poursuivre la maîtrise des dépenses, de consolider les efforts sur la masse salariale, optimiser l’action sociale.
e- D’évaluer les politiques publiques, l’exercice 2025 met en évidence une gestion globalement rigoureuse, un effort réel de maîtrise des charges, mais une situation financière encore fragile.
En conclusion, le CESECEM note que la CTM a engagée une trajectoire de redressement, mais celle-ci demeure dépendante de facteurs externes, de la capacité à corriger durablement le déséquilibre structurel, notamment en matière d’investissement et de dépenses sociales(…)”.
Observons pour notre part que si l’exercice 2025 est en déficit, que si le taux d’exécution des crédits et des dépenses d’investissement est faible, que si la capacité d’autofinancement est insuffisante pour couvrir les investissements, etc, c’est que la gestion n’est pas “globalement rigoureuse”. Même s’il est vrai que la politique de l’Etat (non compensation des dépenses sociales, insuffisance des dotations budgétaires, limitation de la fiscalité locale, par exemple) contribue à réduire les marges de manœuvre de la Collectivité territoriale de Martinique. D’où la nécessité d’un changement institutionnel.





