Mardi 23 juin, des responsables de sociétés de ventes de pièces automobiles, des représentants de stations-services et de la grande distribution ont signé le premier Bouclier Qualité Prix (BQP) Automobile avec le préfet de Martinique Etienne Desplanques. Réunis à la préfecture, les acteurs ont acté un accord annuel de modération des prix pour lutter contre la vie chère.
Le BQP “automobile” comprend un lot de produits composé de consommables, de pièces détachées et de prestations d’entretien : “Afin de répondre aux attentes des Martiniquais sur le poids des dépenses autour de l’automobile, le préfet a souhaité élargir de nouveau le BQP en 2026 pour modérer les prix des produits dans le secteur de l’entretien et de la réparation automobile, conformément à l’avis de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) du 29 avril 2025”, précise le communiqué préfectoral.
12 modèles de véhicules ont été retenus
De novembre 2025 à juin 2026, des négociations ont eu lieu avec les distributeurs, des gérants de stations-services, les enseignes spécialisées et les associations de consommateurs. “Nous avons eu près de 13 réunions de travail pour aboutir à ce BQP sur l’automobile. On pensait que ça aurait été simple, mais c’était beaucoup plus difficile. Il y a eu des réticences du secteur, et nous avons aussi sous-estimé la complexité du BQP dans l’automobile”, nous explique Etienne Desplanques, préfet de la Martinique.
12 véhicules qui correspondent à 25% du parc automobile de Martinique, sont concernés par le dispositif : On retrouve les Renault Clio, Twingo et Kangoo, Citroën C3 et Berlingo, Dacia Sandero et Duster, Opel Corsa, Kia Picanto, Seat Ibiza, Ford Fiesta et Volskwagen Polo.
Selon la préfecture, la liste de produits dits “consommables” comprend cinq produits : deux types d’huile moteur, un lave glace, un liquide de frein et de refroidissement, pour un prix maximal du panier de 98€ (essence et diesel).
La liste “pièces détachées” est à destination de tous les véhicules concernés et une liste “prestations”, propose “un pack vidange-révision”, qui comprend une vidange, les changements des filtres et le réglage des phares avant pour 270€ (essence) et 290€ (diesel).
“L’enseigne s’engage à respecter ce prix plafond, elle peut jouer entre les produits et services, mais elle doit respecter le plafond. Cela permet de modérer l’inflation des produits, ça permet aussi un effort global et commun pour faire baisser un peu les prix. On s’est aperçu qu’il y avait de grandes divergences selon les enseignes, qu’il y avait des pratiques parfois étonnantes, là c’est un accord que chacun s’engage à respecter,” ajoute le préfet.
Les concessionnaires n’ont pas été convaincus, ni les garagistes
Parmi les sociétés signataires, on retrouve Norauto, Saci, Midas, Autobam, Auto Quick Ginapé et Feu vert, des grandes surfaces Carrefour et Leclerc, mais que 3 stations-services Total et Vito. Ces prix seront contrôlés par les services de la concurrence et de la répression des fraudes.
Si toutes les stations-services de Martinique n’ont pas signé, les concessionnaires sont aussi absents du dispositif. “Mon souhait serait d’aller plus loin, d’abord je pense aux stations-services, je trouve qu’elles ont été un peu timorées. L’étape d’après, c’est d’avoir aussi des garagistes. Ce sont des petites structures et c’est plus difficile pour elles, pour autant l’étude que nous avons menée a montré de grands écarts entre garagistes […] C’est sûr qu’un BQP, c’est engageant ! L’enjeu est tel que les Martiniquais attendent que l’ensemble des acteurs du secteur du commerce fassent des efforts”, conclut le préfet.
Le représentant de la SACI Hugues Valence décrit la principale difficulté que la société a rencontré durant les négociations : “L’harmonisation des tarifs a été difficile car nous n’avons pas tous les mêmes produits qui proviennent de différentes structures et fournisseurs, de différents coins de l’Europe. A chaque fois, nous avons des coûts qui sont différents en fonction des produits et de leur qualité. Le but c’est que chaque utilisateur de véhicule puisse avoir des pièces qui correspondent à son véhicule. On connait la distance qui nous sépare des fabricants et on sait très bien qu’approvisionner une activité dont il n’y a pas 80% de véhicules qui correspondent au marché, c’est très compliqué. Donc harmoniser le parc devient très compliqué, personne ne peut tout absorber.”
Le dispositif doit entrer en vigueur à partir du 15 juillet 2026 pour une durée d’un an. Une campagne de communication est prévue pour informer de l’existence de ce BQP Automobile.
J-PM





