Grève Transport : La CGTM-FSM se mobilise à Saint-Joseph et à Schoelcher

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Jeudi 25 juin, la Confédération Générale du Travail de la Martinique affiliée à la Fédération Syndicale Mondiale (CGTM-FSM) a organisé une conférence de presse à la maison des Syndicats, pour alerter sur la situation délicate des chauffeurs de la société Madinina Trans’connect.


Selon la CGTM-FSM, les 9 lignes de Saint-Joseph et de Schoelcher, gérées par la société, seront impactées par une mobilisation. Un préavis de grève a été lancé pour le lundi 29 juin. Les points de revendication sont nombreux :

  • Gestion arbitraire et punitive du personnel roulant en particulier,
  • Dilution anarchique et illégale de la hiérarchie,
  • Multiplication des sanctions arbitraires sans cause réelle et sérieuse,
  • Gestion abusive et antiréglementaire du parc des moyens de transport qui ne répondent pas aux normes exigées pour un transport décent, par la mise en insécurité des conducteurs-receveurs ainsi que des usagers des transports en commun, tout autant que des automobilistes ;
  • Non-respect des normes générales d’hygiène et de sécurité, avec multiplication des accidents du travail des conducteurs consécutifs à la non-conformité des sièges conducteur ;
  • Non-respect de la réglementation sur la représentation du personnel par l’annulation du processus électoral engagé le 07 novembre 2025….
  • Corollaire de l’absence de Négociation Annuelle depuis 2 ans
    Le document a été transmis également à Martinique Transport, la D.E.E.T.S. et à la D.E.A.L.

Une gestion punitive malgré les défaillances de sécurité des bus


Selon la CGTM-FSM, une grande partie des salariés sont concernés par la mobilisation qui concerne personnel roulant et administratif. Des problèmes de confort sont relevés, notamment sur le manque d’ergonomie des sièges des chauffeurs : “Pas moins d’une demi-douzaine d’accidents du travail ont surgi ces derniers mois. Les véhicules ne sont pas adaptés. Lorsque le bus passe sur un dos-d’âne, ce sont les lombaires du chauffeur qui encaissent le choc”, dénonce Jocelyn Lamon, secrétaire général de la CGTM-FSM.
Des problèmes de sécurité sont aussi dénoncés. Des voyants s’allument sur le tableau de bord des bus qui sillonnent des quartiers dans les hauteurs de Schoelcher ou de Saint-Joseph.

Des secteurs où les freins sont très sollicités : “Le pire, les climatisations fonctionnent très difficilement, nous nous demandons si les contrôles techniques des bus sont faits correctement. Lorsque les bus sont en circulation, les portes s’ouvrent aux risques des usagers. Il y a des pannes récurrentes de freinage ! Que peut faire un chauffeur lorsqu’il se trouve à Terreville ou à Ravine Touza ?” s’inquiète Jocelyn Lamon.
Le syndicaliste interpelle la DEAL : “Les bus sont envoyés dans un garage à Rivière-Salée qui appartient au directeur de la société. Lorsque le bus revient de réparation, on ne sait pas s’il est vraiment réparé, car le chauffeur suivant constate qu’il y a toujours les mêmes alertes. Nous demandons à la DEAL d’exercer son contrôle sur l’ensemble des bus qui sont en charge le transport.”
Selon la CGTM-FSM, lorsque les chauffeurs interpellent la direction sur ces défaillances, ils reçoivent des avertissements : “Plusieurs procédures de sanction sont engagées contre les salariés. Les convocations sont faites parce que les salariés sont victimes des conditions de travail. On demande l’arrêt des procédures et l’annulation des sanctions qui ont été déjà prises.”

Une situation vécue très difficilement par les salariés


Madinina Trans’connect, c’est une cinquantaine de salariés administratifs et roulants. “Vous imaginez, vous roulez un bus et les plaquettes de freins tombent par terre ? Pourtant, le président de Martinique Transport est au courant de ça. Lorsqu’on sait qu’on a la charge et qu’on peut faire un droit de retrait, mais lorsqu’on le fait, nous sommes sanctionnés. Nous prenons un bus et nous ne savons pas ce qui peut arriver. Est-ce qu’il faut qu’il y ait un drame pour que le patron comprenne ?”, regrette le chauffeur Laurent L.
Pour Ruben, M., c’est le professionnalisme qui est remis en question : “Nous avons tous fait une formation, nous avons des principes pour ce métier-là. Les lignes que nous avons sont difficiles avec beaucoup de montées, il faut que la sécurité soit au point pour tous.”

Lundi 29 juin, les grévistes ont entamé leur mouvement de grève. Les 17 bus de la société sont restés à l’arrêt.

J-P M (27/06/2026)

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