Vie chère : Bloquez les prix des produits de large consommation populaire et taxez les prix essentiels

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Notre éditorial de Justice de la semaine dernière était intitulé “Vie chère et pouvoir d’achat : Agir fort et vite”.
Il montrait que le pouvoir d’achat des catégories sociales les plus modestes du Pays était entamé du fait du recul de l’économie martiniquaise au début de cette année 2026 depuis 2024 alors que le nombre d’emplois salariés était en recul.
Il était rappelé que le Protocole du 16 octobre 2024 sur la vie chère n’avait pas été respecté en grande partie. Il était souligné que la loi sur la vie chère promise pour attaquer ce problème au fond était en panne.
Et nous avions indiqué que le pouvoir, sans loi nouvelle, avait la possibilité de taxer par décrets les prix des produits de première nécessité.
Entre temps, en Martinique le mouvement contre la vie chère a été réactivé à partir du lundi 19 octobre.
En France, la question du pouvoir d’achat et de la vie chère a été propulsée en avant à côté des revendications des lycéens. Des études économiques sérieuses montrent que, depuis deux ans, une personne seule a perdu l’équivalent de 600 euros annuels en moyenne et 1 200 euros pour un couple avec deux enfants.
En Martinique, même si l’inflation a été moins élevée, la hausse des prix a été durement ressentie car les niveaux des salaires, retraites et revenus sont inférieurs. Chez nous le taux de pauvreté est deux fois supérieur et le nombre de foyers non imposables est de 70 % tant les revenus sont faibles. Ce sont plus de 34 000 foyers qui sont acculés à vivre du revenu de solidarité active (RSA), soit presqu’un quart de la population. Une personne seule sans enfant ne perçoit que 651,69 € /mois.
Les manifestations sur les revendications légitimes ont malheureusement été détournées en France le samedi 17 octobre par les actions violentes de destruction et de pillage de ceux que l’on nomme les “casseurs”.
C’est pour nous l’opportunité de redire que nous condamnons ces méthodes ici ou là-bas qui nuisent au mouvement social et servent d’alibi à ceux qui veulent le discréditer. Les feux et incendies de voitures sont utilisés par tous ceux qui veulent étouffer les revendications sociales.
Le président de la République française, dans son allocution du 18 octobre, s’est d’ailleurs surtout attaché à condamner les exactions des casseurs. Il a dû promettre du bout des lèvres de réunir les partis, les syndicats, les organisations étudiantes, les collectivités et les parlementaires pour “construire” des solutions quant aux revendications sociales. Et cela dans une France en crise économique et financière avec de faibles marges budgétaires.
Selon la CGT, “C’est parce qu’elle est aussi, en parallèle, championne du versement des dividendes, premier pays au niveau européen et deuxième dans le monde derrière les États-Unis, avec plus de 60 milliards d’euros de dividendes versés, rien que sur le premier semestre 2026”. Championne des superprofits !
Seule une politique nouvelle peut sortir le monde du travail de l’actuelle impasse.
En attendant et dans l’immédiat, il faut bloquer les prix des produits de large consommation populaire et taxer certains prix essentiels.
Une loi sur la vie chère comportant des mesures efficaces doit être adoptée rapidement.

Michel Branchi (19/10/2026)

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