La vie chère revient à la une. À quand un vrai contrôle des prix ?

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France-Antilles a abordé la question de la vie chère sur deux numéros des 14 et 15 septembre 2026. A la Une il demande : “Vie chère : après deux ans, où en est-on ?”.
Sur 8 pages d’une édition spéciale pour comprendre sont interrogés :

  • Rodrigue Petitot et Gwladys Roger, président et vice-présidente du Rpprac qui déclarent : “Malgré les baisses, tout a augmenté !” ;
  • Christophe Bermont, Directeur Carrefour Martinique, GBH qui déclare : Il faut maintenant traiter les causes structurelles ;
  • La DGCCRF qui confirme la baisse ;
  • Robert Parfait, président du groupe Parfait pour qui “Celui qui n’a pas tenu sa parole, c’est l’Etat !” ;
  • Des consommateurs : “Les prix ont fait un bond ! » : à la caisse des clients entre colère et résignation” ;
  • Le Préfet Etienne Desplanques qui affirme : “Je suis concentré sur les leviers d’action pur limiter la vie chère” ;
  • Serge Letchimy qui se dit “très insatisfait” de la mise en œuvre du protocole ;
    Dans France-Antilles du 15 septembre la population qui estime “Vie chère : “Mobilisation, oui, violences, non !”.
    La lecture de ce dossier finalement ne nous apprend pas grand’chose. Les acteurs se positionnent. Revue des positions.

Rodrigue Petitot tire à boulets rouge : “R.P. : Même si on constate une baisse sur certains produits, l’exercice de péréquation fait qu’à la sortie de caisse, le ticket sera toujours aussi cher. Donc en vérité, c’est un tour de magie. Le Rpprac avait dénoncé ce jeu de dupes dès le début. Le protocole, c’est de la poudre de perlimpinpin !
(…) ceux de qui on dépend au niveau alimentaire ont tissé une toile qui ne nous laisse aucune échappatoire. Tant que tout cela n’est pas cadré par des lois, nous aurons toujours une distribution alimentaire qui sera liberticide et le consommateur sera toujours la vache à lait.(…)”.

Gladys Roger est plus nuancée : “Nous ne disons pas que rien n’a été fait. Certaines taxes ont été supprimées sur des familles de produits, il y a des baisses qui ont été constatées mais l’objectif annoncé était bien plus ambitieux et nous, nous regardons le ticket de caisse et non les communiqués”.
Christophe Bermont, Dr Carrefour Martinique GBH explique : “Nous avons respecté notre engagement, dès le 2 janvier 2025. Dans les magasins Carrefour détenus par GBH, la baisse effective constatée par la DGCCRF dans son dernier bilan d’avril 2026 est en moyenne de l’ordre de 12 % sur les produits concernés par le protocole. Cela représente pour nos magasins un effort de marge de l’ordre de 1,4 million d’euros. Il faut rappeler que le protocole prévoyait l’intervention de l’ensemble des acteurs participant à la formation des prix. Les distributeurs ont baissé leurs marges. La CTM a supprimé l’octroi de mer sur les produits concernés et l’État a supprimé la TVA. En revanche, deux mesures essentielles prévues par le protocole ne sont toujours pas mises en œuvre : la continuité territoriale, c’est-à-dire la suppression des frais d’approche et les tarifs export, par l’application de tarifs préférentiels par les grands industriels, pour l’exportation depuis l’Hexagone. Nous avons donc fait notre part. Pour atteindre l’objectif initial de baisse de 20 % sur ces 54 familles, il faut désormais que l’ensemble des leviers prévus soient effectivement actionnés.
(…)La réponse durable à la vie chère repose donc sur deux piliers : réduire les surcoûts structurels liés à l’insularité et développer l’économie martiniquaise pour créer davantage d’emplois et de revenus. C’est sur ces deux sujets qu’il faut désormais concentrer les efforts. “

Robert Parfait plaide : “On a constaté que nous, nous avons appliqué ce qui avait été promis. Nous avons baissé les prix sur les 6 000 produits de la liste, nous avons appliqué des baisses de 11,5 à 13 %, donc une moyenne de 12 %. Celui qui n’a pas tenu sa parole, c’est l’État, puisqu’il n’a pas appliqué la continuité territoriale. Et je pense que, malheureusement, il ne va pas le faire, ce qui fait qu’il n’y a pas tellement d’autres solutions. Pour nous, l’application du protocole a entraîné une baisse de marge sensible de nos magasins, et même des pertes pour l’exercice 2025 et même 2026. On en est là !”.
“(…)La marge de manœuvre, je vais vous dire, ce sera probablement la réduction des effectifs. Puisque les volumes baissent, les marges baissent, il faudra probablement que l’on passe par des réductions des frais généraux, et donc d’effectifs.” Menace sur l’emploi ?
Le Préfet Etienne Desplanques défend l’Etat sur la réduction des frais d’approche : “Elles sont pour beaucoup complexes et avec des risques juridiques qu’il faut intégrer, puisqu’il y a des règles européennes. Mais de toute manière, elles exigeraient des dispositions d’ordre législatif. C’est la raison pour laquelle ce point-là a été débattu dans le projet de loi sur la vie chère. Et la ministre des Outre-mer a indiqué, il y a quelques jours, que le projet de loi serait révoqué et proposé à un examen de l’Assemblée nationale début 2027”.

Avec son déficit le gouvernement va-t-il prendre en charge les frais d’approche des marchandises vers les pays dits d’outre-mer ? Il est permis d’en douter.
Serge Letchimy, PCE de la CTM, exprime “une insatisfaction très profonde”. Il déclare : “11,3 % de réduction, j’en prends acte. Mais dans le panier de la ménagère, c’est très invisible. C’est insuffisant parce que tous les paramètres qui devaient nous conduire autour de 20-25 % en moyenne n’ont pas été mis en œuvre au niveau de l’État”. Il ajoute : “On est en attente de mesures efficaces pour contrôler les marges, notamment sous les formes de concentration les plus verticales qui existent, et qui construisent des marges sur des marges. Nous avons demandé la compensation des frais d’approche qui représentent 30 % du coût de la marchandise, pas de réponse. Les tarifs export, on attend toujours, l’aide au fret pour les intrants, on attend, les outils de contrôle et d’information, idem”.
Les prix des familles de produits visées par le Protocole ont effectivement baissé de 11,3 %, selon la DGCCRF. Mais la hausse des prix mondiale s’est poursuivie et on attend que le pouvoir macroniste se décide de réinstaurer le contrôle des prix et des marges dans les pays dits d’outre-mer.

A.G

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