Plus d’un an et demi après la signature du protocole de lutte contre la vie chère en Martinique, la préfecture a publié le 24/07/2026 le cinquième bilan du suivi des mesures mises en œuvre depuis le 1er janvier 2025.
Établi par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ce bilan concerne la période de janvier 2025 et avril 2026.
Il confirme la persistance de la baisse du prix moyen des références de produits concernés par le protocole.
Rappel du contenu du Protocole du 16 octobre 2024
Depuis la signature du protocole de lutte contre la vie chère, le 16 octobre 2024, plusieurs mesures ont été progressivement mises en place en Martinique pour faire baisser les prix de plus de 6 000 produits de consommation courante, principalement alimentaires.
Pour rappel, il s’agit dès le 1er janvier 2025 de la mise à zéro de l’octroi de mer et de la réduction des marges en valeur par le gel des taux de marge appliqué par les distributeurs (hors supérettes) et de la mise à zéro de la TVA à compter du 1er mars 2025.
Un contrôle de la grande distribution par la DGCCRF et la DEETS
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en lien avec les services de la préfecture et la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS), a réalisé un cinquième bilan pour mesurer l’impact de ces mesures sur les prix. Cette analyse porte sur les données transmises par les quatre principaux groupes de grande distribution alimentaire en Martinique : CréO (Pli Bel Price et Caraïbe Price), GBH (Carrefour), PARFAIT (Leclerc) et SAFO (Carrefour Market). Ces enseignes représentent près de 80 % du marché.
Protocole : 12 % de l’ensemble des produits vendus par la grande distribution
Notons que les produits concernés par le protocole ne représentent qu’environ 12 % de l’ensemble des références vendues par ces groupes. Cela souligne les limites de ce Protocole.
Des contrôles sont également réalisés par les agents de la DEETS afin de vérifier la fiabilité des informations transmises, les prix affichés en magasin et les prix réellement payés en caisse. En avril 2026, les 71 contrôles réalisés en magasin et auprès des importateurs grossistes signataires ont également permis de vérifier l’information délivrée au consommateur, la réalité des prix en rayon et en caisse.
Baisse des prix de 4,7 % à 11,3 % sur les familles de produits concernés
Ce cinquième bilan révèle que, relativement aux prix moyens observés durant les six mois ayant précédé la signature du protocole :
Les produits des 54 familles “CTM-État” (mise à zéro de la TVA et de l’octroi de mer) ont vu leur prix baisser en moyenne de 11,3 % et les produits des 15 familles “État+” (mise à zéro de la seule TVA) ont enregistré une baisse moyenne de 4,7 %.
La majorité des produits concernés a bénéficié d’une baisse de prix, avec 89,2 % des références “CTM-État” et 74,6 % des références “État+”.
Hausse des prix des produits hors Protocole
A la fin avril 2026, l’écart de prix entre les produits “CTM-Etat” et les produits hors protocole s’établit à 13,7 points de pourcentage. Selon la Préfecture “Cet écart a tendance à s’accroître depuis mars 2025, ce qui suggère que l’inflation a un impact plus important sur les produits hors protocole que sur les produits du protocole”. Certes l’inflation mondiale, surtout depuis la guerre en Iran ne s’est pas arrêtée. Mais, sauf contrôle de la formation des prix et de leur composition, rien n’exclut que les marges des distributeurs n’ont pas aussi augmenté.
75 % des produits concernés ont été vendus avec des marges minteneues ou en baisse
Le suivi a également porté sur le taux de marque des distributeurs, c’est-à-dire la part du prix de vente qui correspond à la marge du distributeur après l’achat du produit auprès du fournisseur. À fin avril 2026, environ 75 % des références étudiées présentent une marge stable ou en baisse, ce qui montre que les distributeurs n’ont pas, dans la très grande majorité des cas, augmenté leur marge sur ces produits depuis la signature du protocole.
Et les 25 % restants ?
La Préfecture conclue que “Le suivi des effets du protocole sur les prix se poursuit jusqu’au terme de la période d’observation de 36 mois fixée par celui-ci”.
La question de la vie chère reste entière tant que ne sera pas réinstauré l’étude et le contrôle de la formation et de la composition des prix avec, en cas d’abus, la fixation des marges et le plafonnement des prix eux-mêmes. Cela implique le renforcement des services d’analyse et de contrôle.
Michel Branchi





