Vie chère et pouvoir d’achat : Agir fort et vite

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La hausse brutale des carburants en octobre a fonctionné comme un déclencheur du mécontentement. Pourtant décalée par rapport à la France et à un niveau inférieur : le Super SP est à 2,10 €/l le Gazole à 2,27 €/l et le gaz butane à 25,51 € la bouteille de 12,5 kg. Il est important de ne pas oublier que la flambée des prix des carburants a été déclenchée par l’agression israélo-étasunienne contre l’Iran et le hold-up de Trump contre Maduro au Vénézuela. L’existence d’une réglementation spécifique outre-mer des prix des carburants a permis d’atténuer et d’étaler dans le temps le choc des prix.
Trump, étranglé par sa propre outrecuidance, a passé finalement un accord avec Poutine pour que la Russie fournisse du gazole aux Etats-Unis et à l’Europe. Du coup le magnat américain a demandé à Zélensky de céder sa place de président de l’Ukraine. Comme on le voit, tout est lié.
Ici en Martinique on doit mesurer les effets du Protocole du 16 octobre 2024. Il a engendré une baisse effective de prix attestée par la DGCCRF et la DEETS de l’ordre de 11,3 % sur 6 000 produits(octroi de mer et TVA zéro). Toutefois, l’Etat n’a pas respecté certains de ses engagements, en particulier sur la prise en charge du transport maritime et l’instauration d’un tarif-export favorable vers les Pays dits d’outre-mer.
Mais l’inflation capitaliste se poursuit et paraît s’accélérer ici, à un rythme plus lent qu’en France cependant pour le moment.
L’économie martiniquaise s’enlise avec le recul d’activité de tous les secteurs aux 1er et 2d trimestre de cette année 2026 constaté officiellement par l’Insee. Parallèlement le pouvoir d’achat des catégories les plus modestes et des retraités est entamé. Le nombre d’emplois salariés recule.
Au même moment la Chambre Régionale des Comptes (CRC) donne un coup de boutou à la CTM en révélant une situation financière catastrophique et en la contraignant à baisser ses dépenses de millions d’euros pour redresser ses comptes.
Le gouvernement Macron-Lecornu n’est pas en reste. Il annonce une coupe de 54 milliards dans son prochain budget 2027 et le budget du ministère des outre-mer va reculer, en dépit des promesses démagogiques d’augmentation. Les collectivités locales seront mises à la diète. La crise financière menace en France.
La loi vie chère promise par le Préfet, le ministre Manuel Walls, la ministre Naïma Moutchou n’est toujours pas adoptée et l’état actuel des projets présentés sont très insuffisants : On ne sort pas du bricolage du système de bouclier qualité-prix qui a démontré ses limites et de la prétendue stimulation de la concurrence qui ne peut être que restreinte et illusoire dans une économie insulaire. Toujours pas de contrôle des marges et de la formation des prix. On reste dans le dogme de la liberté des prix qui a fait tant de mal dans les Pays dits d’outre-mer.
Les questions de savoir si la France aura un budget pour l’année qui vient et si son gouvernement ne sera pas renversé ne doivent pas nous paralyser. C’est le jeu politique français.
Cependant, sans loi nouvelle sur la vie chère, il faut rappeler que le gouvernement peut, au travers d’un maquis de difficultés juridiques, prendre des décrets sur les produits de 1ère nécessité dans les DOM.
La situation d’urgence sociale que nous vivons exige en réalité un blocage des prix et un relèvement des salaires et retraites.
Il importe donc de cesser de tourner en rond et de tergiverser.
Il faut dans l’union et le rassemblement imposer au pouvoir la nécessité d’agir fort et vite dans l’intérêt supérieur de la Martinique.

Michel Branchi (12/10/2026)

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