Sécheresse : Une période difficile pour nos agriculteurs

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Depuis plusieurs semaines, la Martinique est frappée par une sécheresse impactant la livraison de l’eau dans les foyers, mais aussi l’activité des éleveurs et agriculteurs. La Collectivité Territoriale de Martinique et des parlementaires ont déclaré se tenir aux côtés des agriculteurs.

Bien que l’accès à l’eau soit rétabli dans la majorité des foyers martiniquais, les agriculteurs et éleveurs de Martinique font face à des difficultés pour alimenter leur cheptel, mais aussi pour arroser leurs plantations : les pâturages sont asséchés, il manque de l’eau pour les troupeaux…


Mercredi 12 août, une réunion s’est tenue à la Chambre d’Agriculture de Martinique, afin de faire le point sur les difficultés des agriculteurs. Selon les premiers éléments présentés lors de la réunion, plus de 200 bovins auraient déjà péri depuis le début du Carême.
“Nous avons fait remonter toutes nos doléances agricoles. La sécheresse impacte l’agriculture et la culture maraîchère. La CAM a pris en compte et a fait remonter cela vers le Préfet pour qu’il puisse se pencher sur ce problème”, nous confirme Gratient Glaudus, président de l’Organisation Patriotique des Agriculteurs Martiniquais (OPAM).
“Nous ne pouvons pas faire grand-chose à part attendre que la sécheresse passe et essayer de voir si les autorités puissent nous venir en aide. Je ne sais pas si ça sera pris en compte pour les agriculteurs qui sont en dehors de coopérative, car il y en a beaucoup” s’inquiète le président de l’OPAM.

Les agriculteurs trouvent des alternatives pour subvenir à leurs besoins

Membre de l’OPAM, Nicolas Arnolin ne se sent pas spécialement impacté par la sécheresse.
Vu là où il possède son exploitation, il est plutôt épargné : “Je suis à Rivière Laure à Fort-de-France, si j’ai une semaine sans eau, c’est beaucoup. J’ai régulièrement une petite averse tous les jours et je suis envahi par les végétations. Quand je vois que dans le sud, c’est « brûlé », je ne comprends pas. Ça dépend beaucoup du secteur. Je suis plus sur un verger et j’ai suspendu tout ce qui est maraîcher. Je n’ai jamais vu mes citernes se vider cette année”.
Il est d’ailleurs obligé de varier ses sources de revenus pour s’autofinancer : “Je diversifie mes activités pour avoir du travail et m’autofinancer. Les solutions de la CTM, comme les fonds européens etc, je n’y compte pas c’est trop galère. Comme l’agriculture ne me permet pas de m’auto-financer, je fais un peu d’espace vert, de l’élevage…”

Des députés et la CTM se disent aux côtés des agriculteurs


Dans un communiqué de presse du 14 août, la CTM a indiqué mesurer pleinement la gravité de la situation. Elle se dit prête à agir : “En sa qualité d’autorité de gestion du FEADER, elle a d’ores et déjà anticipé la mobilisation du dispositif 73.02-B du Plan stratégique national, qui permet de soutenir la reconstitution du potentiel de production affecté par une catastrophe naturelle : replantations, remplacement d’animaux, reconstruction d’équipements ou de bâtiments agricoles notamment.
Ce dispositif pourra être activé pour l’épisode actuel dès lors que l’État aura reconnu la catastrophe naturelle et fixé, par arrêté préfectoral, les périodes, communes et filières concernées.”

Une plateforme sera disponible pour faire des demandes dès la fin du mois de septembre.
La CTM attend la mobilisation de l’Etat : “Face à une situation climatique qui pourrait durablement affecter notre capacité de production, le temps de la décision doit désormais rejoindre celui de l’urgence vécue par nos agriculteurs.
La CTM, appelle donc à ce que les expertises puissent aboutir dans les meilleurs délais et, si les conditions sont réunies, à une reconnaissance rapide de cet épisode de sécheresse, indispensable pour permettre la mobilisation effective des financements européens.”
Du côté des parlementaires, Jean-Philippe Nilor et Marcellin Nadeau ont eux aussi interpellé l’Etat. Ils demandent :

  • une aide urgente pour l’abreuvement des troupeaux ;
  • un soutien à l’achat de fourrages et d’aliments ;
  • l’indemnisation des animaux morts du fait de la sécheresse ;
  • un soutien à la reconstitution des troupeaux ;
  • des mesures de trésorerie pour les exploitations sinistrées ;
  • la reconnaissance du caractère exceptionnel de cette crise ;
  • un véritable plan de sécurisation de l’eau agricole.

Pas sûr que l’événement climatique du week-end du 15 août a permis d’atténuer la situation des agriculteurs.
L’Etat devra tenir ses obligations.

J-PM

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