Sargasse : Les maires des communes concernées cherchent des solutions adaptées à leur territoire

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Jeudi 10 septembre, les maires des communes principalement touchées par la problématique des sargasses se sont réunis à la mairie du Marigot pour découvrir une dizaine de projets innovants pour faire face à la prolifération des algues sargasses. Avec des littoraux différents, l’enjeu est de trouver une solution adaptée à chaque territoire.

Devant les maires du Robert, du Diamant, du Marigot, du Vauclin et du Robert, mais également devant des parlementaires comme Marcellin Nadeau, une dizaine de projet innovants ont été présentés afin de trouver des alternatives pour lutter contre les algues sargasses : “On avait pour objectif déjà de mettre en lumière des solutions innovantes qui existent donc dans le cadre de la gestion de la problématique “Sargasse”. Qu’il s’agisse à la fois de la collecte, de la valorisation et il y avait aussi des questions sur le suivi en fait le tracking de ces algues. Nous permettions à des porteurs de projets de présenter leurs solutions devant la population et des décideurs publics”, explique Cynthia Yerro, maire du Marigot.
Un courrier devrait être adressé à la ministre des Outre-Mer, dans lequel il sera inscrit la réclamation d’un entretien qui pourrait se tenir lors des déplacements des élus qui représentent leur commune. “Nous aurons aussi souhaité donc l’interpeller pour obtenir plus de moyens financiers déjà pour la lutte, mais surtout demander d’ouvrir le champ des possibles pour que les solutions innovantes trouvent leur place. Aujourd’hui, on assiste au fait qu’il y a des plans Sargasses qui se multiplient, mais ce sont toujours les mêmes solutions qui sont explorées avec les mêmes porteurs de projets qui ne font que développer un peu plus leurs solutions initiales”.
La rencontre a permis aussi de poser les bases aussi d’une réflexion sur la qualification même des sargasses. Aujourd’hui, elles sont considérées comme un déchet qui sont à la charge des municipalités.
La question du ramassage a aussi été abordée, car en laissant les algues échouer sur les côtes, cela impacte les finances des communes, mais aussi des désordres au niveau des mangroves, l’accélération du recul du trait de côtes. “L’État laisse les sargasses franchir les 300 mètres et par conséquent, elles deviennent sous la responsabilité de la municipalité”, dénonce Cynthia Yerro.

Des alternatives plus pertinentes existent


Au fur et à mesure de la rencontre, les porteurs présentent des projets qui peuvent répondre aux besoins du territoire. En effet, ce qui est valable pour la ville du François n’est pas valable pour le Vauclin, ni pour le Marigot et parfois sur une même commune. Tout le monde s’est accordé sur le fait qu’il y ait une nécessité de multiplier les études : “Il faut faciliter ces marchés pour les collectivités parce qu’on se retrouve face à une urgence, mais avec les mêmes délais de traitement que pour un marché habituel”, souligne la maire du Marigot.
Ces projets sont pour la plupart viables et ont déjà été expérimentés : il y a l’application participative SargaTrack, qui permet aux citoyens de signaler les nuisances, mais aussi le projet d’un groupe qui présente plusieurs types de navires qui peuvent observer la collecte à la fois dans les espaces comme au Marigot où il y a un faible tirant d’eau et un espace assez restreint encore d’avoir des navires hauturiers qui feraient donc de la collecte en mer au large. Cynthia Yerro dénonce : “Il y avait des solutions vraiment palpables quoi qui sont déjà opérationnelles et qui ne demandent qu’à être mises en œuvre. Dans leur plan Sargasse, on nous reparle encore de navires de je ne sais pas combien de millions d’euros qui seront acquis pour traiter la problématique dans les territoires Martinique, Guadeloupe, etc. Mais ce navire ne me sert à rien ! Puisque ce n’est pas adapté à mon territoire alors qu’il y a des solutions des fois bien moins onéreuses et applicables à différentes situations.
Et puis on donne la chance aussi à des porteurs de projets souvent issus de nos territoires de mettre en œuvre leur génie. Aujourd’hui, on a une multinationale, mais toujours la même … Qui est derrière cette multinationale ? Qui sont les investisseurs ? Pourquoi toujours cette même personne ? Pourquoi il n’y a pas un véritable appel d’offres, pour que tout le monde puisse trouver sa place dans ce marché ?”.

Les sargasses, un problème international


Les sargasses n’échouent pas uniquement en Martinique : tout le bassin caribéen est malheureusement concerné. Cynthia Yerro explique pourquoi il est pour l’instant difficile de trouver une solution commune : “Nos voisins ont d’autres moyens de fonctionner sur cette problématique dans la mesure où ils n’ont pas les mêmes contraintes. Je dirais législatives, notamment sur la gestion de l’environnement. Aujourd’hui, quand ils traitent, on voit que dans d’autres îles, ils valorisent, ils font de la brique, il y en a qui font du tissu, il y a du bio, mais nous n’avons pas la même réglementation sanitaire environnementale. Donc ça ne nous permet pas aujourd’hui d’aller au même rythme que ces autres territoires.”
Enfin, il faut quand même poser la question de l’internationalisation du traitement des sargasses : “On connaît plus ou moins l’origine de ce phénomène, que ça vienne de l’Amérique du centre ou de l’Afrique. Et on ne pose pas la question de donner du pouvoir aussi à l’Etat, de collecter des taxes sur les personnes qui importent des produits issus des exploitations, des surexploitations qui génèrent des résidus qui favorisent la prolifération de ces algues.”

Les maires abordent cette problématique sous un autre angle. Cette action commune sera donc soumise au ministère des dits Outre-Mer.

J-PM

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