Transport : La CGTM-FSM dénonce du “favoritisme” dans l’attribution des marchés

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Mardi 15 septembre à la Maison des Syndicats, le secrétaire général de la CGTM-FSM Jocelyn Lamon, accompagné de chauffeurs a tenu une conférence de presse afin d’aborder la situation des transports en Martinique. Si le syndicat est revenu sur le financement de Martinique Transport, son secrétaire général se questionne sur la passation des marchés et dénonce une absence d’analyse comptable.

Bien avant cette crise, le secteur du transport était impacté par une organisation dégradée des transports, subies par les chauffeurs : Planning, salaires, autocars défectueux, mauvais état des véhicules, véhicules inappropriés…
Cependant, le syndicat dénonce un élément “malsain” : “Nous nous posons la question sur les conditions de la passation de marchés. Beaucoup de personnes tirent sur le président (NDLR : Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM), fok tiré anley ! On tire sur majorité, opposition etc je suis bien d’accord, mais il y a un élément important qui est violent, malsain et qui fait partie du déficit, c’est un vecteur de déficit !” s’insurge Jocelyn Lamon.


Une complicité entre Martinique Transport et les délégataires ?


Selon lui, lorsqu’on signe avec des délégataires, avant de leur attribuer le marché, il faut vérifier la solidité des entreprises : “Il y a des promesses, mais pas de socle.
Les marchés sont donnés parce que celui-là connaît le président, c’est un ami politique… On donne des marchés sans qu’il n’y ait la reddition des comptes. Ils nous ont répondu que juridiquement ce n’était pas possible lorsqu’il y a des petits marchés.”

S’il n’y a pas d’étude comptable, on ne connaît pas les détails de l’utilisation de l’argent public. La CGTM-FSM dénonce une complicité entre les décideurs et les délégataires : “Nous sommes persuadés que Martinique Transport connaît tous les dessous financiers.
Nous disons qu’il y a complicité entre les dirigeants de MT et ceux à qui les marchés sont attribués.”

Jocelyn Lamon poursuit et avoue avoir constaté “une combine” des patrons : “Lorsqu’un délégataire veut avoir des sous, il crée les conditions pour que les salariés entrent en grève. Toutes les grèves s’orientaient vers Martinique Transport, les salariés réclamaient de l’argent, mais tout passe par Martinique Transport […] personne ne connaît la substance des contrats qui sont passés.”
Concernant les financements, la CGTM-FSM demande donc à ses militants présents dans les Conseils Sociaux Economiques (CSE) des entreprises “qu’il faut faire un droit d’alerte et que si les délégataires ne répondent pas, de faire jouer l’expertise comptable. Les CSE ont la possibilité d’exercer leur droit d’alerte économique et de faire une expertise comptable.”

D’après la CGTM-FSM, les mêmes patrons gèrent plusieurs sociétés


La CGTM-FSM regrette qu’il y ait des individus qui monopolisent les marchés. “Il faut qu’il y ait un contrôle sur tous les marchés. Nous estimons qu’il y a des cas de favoritismes. Nous dévoilons la face cachée de ce dossier. La face cachée au grand public, mais qui est bien connu pour ceux qui gèrent MT. Le marché du nord Caraïbe était détenu par un homme d’une famille. Ce même homme était directeur général de Transport Nord Caraïbe. TNC a perdu le marché et il est tombé dans les mains de la société TransNord. Qui est directeur général de TransNord ? Le même ! Dans le centre, le directeur de la SETRAC ? C’est la même famille ! C’est la même chose à Madinina Trans Connect… Il y a du favoritisme !”

Le secrétaire général de la CGTM-FSM Jocelyn Lamon

La CGTM-FSM demande une réunion tripartie


L’absence de gestion financière sérieuse dans les transports arrangerait les concessionnaires selon le syndicat. Pour y remédier, une réunion entre Martinique Transport, les délégataires et les salariés dont les représentants syndicaux, a été demandée par la CGTM-FSM. “La solution de ce problème passerait première par l’organisation d’une réunion des politiques qui gèrent Martinique Transport, les délégataires, les usagers et les salariés. Nous avons décidé de rencontrer toutes les organisations syndicales concernées.”

Les salariés sont de plus en plus inquiets

Dans le sud, il y a près de 350 salariés. Solution évoquée par la direction de MT, les suppressions de lignes s’accompagneront de la suppression des postes. Près de 21 lignes, sont menacées et concernées. Salariée à Sud Lib, Nathalie dénonce les difficultés de ses collègues et interpelle la direction de Martinique Transport. : “C’est très difficile pour nous, lorsqu’on échange entre nous, certains collègues préfèrent ne pas discuter du problème. J’aimerais que le président de MT regarde comment la situation est réelle. J’ai l’impression qu’il parle, mais sans voir dans quelle situation il mettra les usagers et certains salariés. C’est facile de dire “je supprime” mais est-il allé sur le terrain ? Quelle statistique il a étudiée pour choisir ? Dans tous ses propos et dans ses débats, il ne parle que de suppression.”
Depuis, près de deux mois, les salariés savent que, vu la conjoncture, des suppressions de postes auraient été réalisées par la direction de Martinique Transport. La majorité d’entre eux sont au chômage partiel fixé à 70 % de leur salaire, depuis le 7 septembre.

J-P M

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