Crédit Martiniquais : retour en arrière

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Nous avons reçu de Fondaskreyol animé par Raphaël Confiant du 5/08/2026 cette information :


“Le Crédit Martiniquais 1922-1999. Une disparition programmée ?”

Tout le monde se souvient encore de l’un des plus grands scandales du XXème siècle en Martinique : celui de la banque du Crédit Martiniquais.
Aujourd’hui, dans un essai très documenté, José Marraud des Grottes, qui a vécu ce naufrage de l’intérieur en tant que Commissaire aux comptes et témoin direct, prend sa plume afin de livrer sa version des faits dans son essai
“Le Crédit Martiniquais 1922-1999. Une disparition programmée ?”


Résumé : En 1922, une poignée d’industriels martiniquais fait un choix audacieux : créer une banque locale pour s’affranchir du Crédit Foncier Colonial, dont les décisions étaient prises à Paris, souvent loin des réalités de l’île. Le Crédit Martiniquais était né, avec l’ambition de garder le pouvoir de décision sur place, malgré les réticences de certains.
La petite banque insulaire a pourtant tenu bon pendant 77 ans, avant que le couperet ne tombe brutalement en 1999, avec sa mise en liquidation.
Que s’est-il vraiment passé ? Simple fatalité économique, erreur de gestion ou acharnement délibéré pour faire disparaître cette petite banque locale ?
José Marraud des Grottes, l’auteur, a vécu ce naufrage de l’intérieur, emporté malgré lui dans une tourmente judiciaire qui durera près de 20 ans.
Titre : Le Crédit Martiniquais 1922-1999. Une disparition programmée ?

  • Auteur : José Marraud Des Grottes
  • Dates de sortie en librairie : 12 juin 2026

Né à la Martinique en 1951, José M larraud des Grottes a poursuivi ses études de droit, de comptabilité et d’économie à Bordeaux avant de revenir s’installer sur l’ile. Expert-comptable et commissaire aux comptes depuis plus de 50 ans, il a dirigé à plusieurs reprises les instances ordinales de sa profession. Son cabinet l’a mené au cœur de beaucoup de secteurs d’activité, de l’agriculture à l’hôtellerie en passant par l’industrie et le commerce sans oublier les services, lui offrant une vision très utile des réalités économiques des territoires d’outre-mer.

Mais c’est au sein du Crédit Martiniquais que sa trajectoire croise l’Histoire : commissaire aux comptes de l’institution pendant plus d’une décennie, il fut le témoin direct des événements qui ont conduit à la disparition brutale de la banque en 1999.

Pour information : Nous reprenons ci-après un extrait d’un l’article de Justice n°10 de 2013 sur la relaxe des principaux dirigeants du Crédit Martiniquais :

« Impunité pour les békés ? La Cour d’appel relaxe tous les prévenus dans l’affaire du Crédit Martiniquais”

Guichet du crédit Martiniquais © Paramonti


Surprise dans l’affaire du Crédit Martiniquais.
La Cour d’appel de Fort-de-France a prononcé la relaxe des personnes condamnées en première instance par le tribunal correctionnel, à savoir Brigitte Mockli, la Directrice, Charles Rimbaud, le promoteur immobilier et Laurent Fabre, et a prononcé la prescription des faits pour Pierre Berthé (cf. Justice n° 2 du 12 janvier 2012).Pourquoi ? Il est difficile de le savoir à la lecture de France-Antilles et à l’écoute des informations médias. Ce que l’on comprend, c’est que la preuve n’ a pas été rapportée des chefs d’accusation d’abus de biens sociaux et d’escroquerie reprochés par la Justice aux prévenus, anciens dirigeants ou clients privilégiés de la “Banque des békés”.
Pour France-Antilles du 1er mars 2013, “la décision rendue par la cour d’appel est en quelque sorte un cinglant désaveu pour les magistrats de première instance.

Car dans l’arrêt rendu hier, les juges de Tartenson infirment partiellement le jugement du 4 janvier 2012 et prononcent la nullité partielle de l’ordonnance de renvoi du chef de présentation de comptes annuels inexacts à l’encontre de Brigitte Mockli. Ils constatent également l’extinction de l’action publique par prescription à l’encontre de Pierre Berthé.”.
Comme toujours la défense a invoqué des nullités de procédure. Ne serait-ce que l’incroyable durée de l’instruction qui a conduit à la tenue du procès 12 ans après les premières mises en examen. En outre, deux des principaux protagonistes, Pierre Michaux, ancien président directeur général du Crédit Martiniquais, et Marcel Fabre, actionnaire et gros client, sont décédés. Et dont l’action publique s’est éteinte pour ces derniers.
Il reste qu’il s’agit de la faillite la plus frauduleuse de l’histoire économique de la Martinique. (…).
(…) Voilà l’absolution accordée aux sous-fifres de l’affaire du Crédit Martiniquais pour des nullités de procédure dans l’instruction de ce scandale financier. Cela ne peut qu’alimenter le sentiment qu’aux Antilles la justice est du côté du plus fort. Une justice bourgeoise et coloniale. Il y une différence entre être relaxé pour nullité de procédure et parce qu’il aurait été reconnu qu’il n’y a pas eu abus de biens sociaux et escroquerie. En répétant en boucle relaxe les médias participent à l’enfûmage. Comme dans l’affaire Huyghes-Despointes.

Nous écrivions lors de la première instance au tribunal correctionnel dans Justice n° 24 du 16 juin 2001 :

“L’Etat français a quand même versé 1,6 milliard de francs en janvier 2000 à travers le Fonds de garantie des dépôts pour renflouer le Crédit Martiniquais et couvrir l’insuffisance d’actif.

Après sa faillite, le Crédit Martiniquais a été repris par la Bred fermant une page de l’histoire économique de la Martinique ; à savoir celle de la toute puissance économique des familles békés sur les Antilles-Guyane. Des dizaines d’employés ont perdu leur emploi avec une indemnisation plus ou moins correcte. Désormais le capital financier est entièrement français dans notre pays. L’épargne martiniquaise est captée pour fructifier ailleurs(…)”.

Cette conclusion est toujours valable. Ajoutons que cette affaire du Crédit Martiniquais illustre le caractère prédateur du capital martiniquais qui s’est gavé de spéculation immobilière grâce à la défiscalisation Pons-Girardin.

Antoine Gilles (Justice n°10 de 2013)”

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