Alerte crise du BTP

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France-Antilles du 13 mai comme Antilla du 13 mai tirent la sonnette d’alarme sur la situation dangereuse que vit l’industrie du bâtiment et des travaux publics en Martinique.

Antilla écrit : “Réunis le mardi 12 mai 2026 à la Maison du BTP, à Fort-de-France, les acteurs de la construction ont dressé un constat sévère : le secteur martiniquais du bâtiment ne traverse plus une simple mauvaise passe. Entre recul des chantiers, hausse des coûts, tensions sur les matériaux, inquiétudes sur le logement social et difficultés de recrutement, toute une filière dit craindre un décrochage durable”.

Tous les indicateurs au rouge

Selon France-Antilles le Secrétaire général du CERC (Centre d’études et de recherche de la construction en Martinique) Michel Nérovique déclare : “Tous les indicateurs sont au rouge. À fin mars 2025 et sur un an, le nombre de logements autorisés était en baisse de 26,3 %, le nombre de logements mis en chantier de 13,1 %. Du côté du bâtiment non résidentiel, on accuse un -28,5 % de surfaces mises en chantier. Logiquement, la situation sur le front de l’emploi est mauvaise : les effectifs salariés se sont rétractés de 4,9 % et l’emploi intérimaire est en baisse de 22,5 %. Autre indicateur essentiel de la mauvaise santé du secteur, les ventes de ciment ont baissé (-18,33 % à fin février 2026). En bref, la baisse est continuelle et tous les chiffres sont négatifs”.

Il précise : “Certains métiers restent cruellement en tension : carreleurs, étancheurs, menuisiers, charpentiers, maçons qualifiés, plombiers, électriciens”. A cela il faut ajouter : “L’augmentation constante des prix des matières premières, du gasoil, du transport”. La guerre en Iran et son choc économique joue son rôle.

Le MACF ou mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Europe

Stéphane Abramovici, vice-président de l’AMPI (Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie), explique que ces hausses sont aggravées par la mise en place d’une nouvelle réglementation européenne, le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). “Il s’agit de taxer des intrants pour remettre de l’équilibre entre les industries européennes qui ont des obligations de décarbonation et les industries mondiales qui n’ont pas les mêmes contraintes”. Pour la Martinique, plusieurs intrants sont concernés, le clinker (avec une taxe jusqu’à 30 % !) qui rentre dans la fabrication du ciment, les engrais azotés, les produits sidérurgiques ou à base de pétrole. Selon Antilla “l’impact global sur les produits importés destinés au bâtiment et aux travaux publics pourrait atteindre 4 à 5 %”.

Le MACF est une bonne chose contre le réchauffement climatique. Mais il n’est pas adapté aux contraintes des régions ultra-périphériques”, ajoute Stéphane Abramovici.

Intervention du président du conseil exécutif de la CTM auprès de l’Europe

Le président du conseil exécutif de la CTM a interpellé la Commission européenne à ce sujet.

Le communiqué du PCE mentionne : “Par courrier en date du 5 mai 2026, le Président du Conseil Exécutif de Martinique a saisi la  Présidente de la Commission européenne afin d’alerter sur les conséquences du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) dans les régions ultrapériphériques, et en particulier en Martinique (…) Par exemple, en Martinique, l’absence de production locale de clinker impose une dépendance à l’importation pour la fabrication du ciment. L’intégration du MACF entraînerait ainsi une hausse significative des coûts, estimée entre 68 % et 70 % pour le ciment dès 2026, avec des répercussions directes sur les prix de construction, l’investissement et l’emploi.Au-delà du BTP, d’autres secteurs clés tels que l’agriculture et l’industrie seraient également concernés, dans des économies déjà marquées par un coût de la vie élevé”. Il conclut : “La Collectivité Territoriale de Martinique demande l’introduction d’une possibilité de dérogation et/ou d’adaptation ciblée du dispositif, portant sur une liste précise de produits ne pouvant être importés depuis l’Europe continentale pour des raisons techniques, logistiques et économiques, et destinés exclusivement à un usage local”.

De plus les crédits de la ligne budgétaire unique (LBU) ont été divisés par deux, ce qui frappe le logement social et les bailleurs sociaux.

Toute l’économie martiniquaise concernée. Les représentants du BTP et du patronat ont tenu à rappeler que le BTP irrigue toute l’économie locale : les routes, les écoles, les réseaux, les équipements publics, les logements, les entreprises, les artisans, les fournisseurs et les collectivités. Ils ont émis l’observation que “moins de chantiers, c’est aussi moins de recettes fiscales pour les collectivités, moins d’emplois, moins de formation, moins de perspectives pour les jeunes et davantage de fragilité pour les entreprises structurées”.

Il est certain que la crise dans le BTP concerne l’économie martiniquaise dans son ensemble.

                                                                                                                                                                                                          M.B

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