Conférence-débat sur les transports publics dans le Centre : Un débat riche et intéressant

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Le groupe Aksyion Foyal Pou Démaré Fodwans, groupe d’opposition au conseil municipal de Fort-De-France, a organisé une conférence-débat sur la question brûlante et complexe des transports publics dans le Centre le mercredi 13 mai à l’Hôtel Impératrice de Fort-de-France.

Les intervenants annoncés étaient :

–                Francis Carole, conseiller municipal et communautaire, conseiller territorial ;

–                Un représentant du Comité de grève de Transaglo ;

–                Béatrice Bellay, députée de Fort-de-France, conseiller municipale t communautaire ;

–                Daniel Marie-Sainte, vice –président de l’Assemblée de Martinique, membre de Martinique Transport.

Francis Carole a introduit la conférence en rappelant que, depuis 40 ans, le Palima et les opposants à la municipalité de Fort-de-France se battent pour l’amélioration du transport à Fort-de-France. Il a rappelé les phases de son organisation : le GET, la TUMA, la CFTU, etc.

Aujourd’hui le transport dépend de la communauté de communes du Centre, la Cacem. Il a indiqué avoir demandé un débat au conseil municipal de FDF sur l’organisation du transport dont le principe a été accepté.

Gabriel Jean-Marie, secrétaire général de la CGTM, s’est exprimé au nom du  “comité de grève de Transaglo”.

Il a rappelé la genèse du conflit et a mentionné, entre autres,  que la revendication initiale des travailleurs était  de + 300 € net par mois.

 Cette grève a abouti récemment à une augmentation de 4 % des salaires et à un engagement d’alignement sur le niveau des salaires de Martinique transport en 5 ans à partir de la prochaine nouvelle délégation de service public (DSP) à mettre en place. L’Action syndicale se poursuit pour exiger le paiement des jours de grève car la situation n’est pas du fait des travailleurs, a estimé Gabriel Jean-Marie. Par ailleurs il refuse le service minimum car il permettrait, selon lui, au Préfet de réquisitionner les chauffeurs. Il a enfin mis en doute la représentativité de l’association des usagers des transports (AUTM).

La députée Béatrice Bellay, s’appuyant sur son expérience d’agent de collectivité territoriale à Espace Sud en matière de transports publics, a défendu le droit de grève des travailleurs, mais a également soutenu le droit des citoyens à la mobilité au nom de l’intérêt général.

Elle a estimé que l’on ne peut pas modifier substantiellement les charges fixes d‘une entreprise titulaire d’une délégation de service public, en particulier la masse salariale.  Pour la députée le service minimum doit être décidé en concertation avec les organisations syndicales. La mobilité, étant le 1er poste de dépenses des ménages, est une question politique selon l’élue. Elle a demandé un audit sur le coût des transports.

Daniel Marie-Sainte a d’abord précisé qu’il s’exprimait en qualité de chef du groupe d’opposition le plus important de la CTM et de membre du conseil d’administration de Martinique Transport et non pas au nom de la CTM. Il a rappelé l’historique des attributions de compétences aux communes, puis aux communautés de communes (EPCI).

Il a insisté sur l’inconvénient de la fragmentation de l’attribution des transports et du morcellement des contrats (8) avec des entreprises différentes. Il a dénoncé le fait qu’il n’existait pas de document réglant les relations entre salariés et entreprises, l’existence de grilles de salaires différentes, source inévitable de conflits. Il s’est prononcé pour la négociation d’une Convention collective du transport en Martinique incluant un service minimum par une intersyndicale. Il a déclaré être partisan d’une Régie. Enfin il a décrit les sources de financement de Martinique transport : Les EPCI qui apportent une contribution très limitée d’après lui ; le FIRT (Fonds d’investissement routier et des transports) payé par une taxe spéciale sur les carburants ; les usagers qui paient incorrectement et les entreprises de plus de 11 salariés devant verser 2 % de leur masse salariale. Il a jugé ces ressources insuffisantes.

Au cours du débat sont intervenus notamment Raphaël Constant, avocat des salariés de Transaglo, qui a jugé que l’on avait de fait “privatisé” le service public et confié le transport à de trop petites structure pour ne pas permettre à de grosses entreprises venues d’ailleurs de s’emparer du marché. 

Philippe Pierre-Charles de la CDMT a proposé un débat démocratique sur la question des transports et l’implication des usagers et de la société civile.

Certains ont demandé quand on allait agir enfin pour diminuer l’usage des véhicules individuels.

Pour Francis CarolePlus largement, de nombreuses interventions de qualité ont bien mis en évidence que la question des déplacements doit être considérée comme un enjeu essentiel  de développement mais aussi comme un droit fondamental des personnes. À ce titre, les transports publics doivent faire l’objet d’une politique publique d’un autre niveau. Face aux multiples autorités organisatrices des transports publics, les élus, légitimement, se sont focalisés sur la création d’une autorité unique. Mais il ne s’agit là que d’un aspect de la problématique. Quant au fond, c’est toute la stratégie qui doit être reconsidérée : organisation, gouvernance, contrôle démocratique, gestion rigoureuse, convention collective, responsabilité citoyenne etc…”.

Il ressort de cette conférence qu’il convient de cesser le morcellement des contrats de transport, d’aller vers l’alignement des salaires des travailleurs du transport et une convention collective du transport et de créer une régie. Quant au financement, après un audit sérieux, il est à craindre qu’il faudra  des ressources nouvelles de l’Etat à la Collectivité territoriale de la Martinique et aux communautés de communes. Le débat sur cette question cruciale et urgente doit continuer.

M.B 

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