Le vendredi 8 mai était l’anniversaire de plusieurs grands évènements.
D’abord le 8 mai 1902, la Montagne Pelée détruisait Saint-Pierre, la capitale économique, culturelle et politique de la Martinique et ce fut pour le pays une très grande perte pour son évolution. Le Pays a été décapité. La recherche actuelle de l’identité martiniquaise doit s’en pénétrer.
Ensuite le 8 mai 1945, c’était la victoire contre l’Allemagne nazi d’Aldof Hitler, contre la barbarie fasciste, contre le racisme codifié et érigé en dogme d’Etat.
Les Martiniquais(es) ne s’y sont pas trompés. Ils ont fait dissidence par rapport au régime de l’Amiral Robert et ont rejoint la résistance française en passant par Sainte-Lucie et la Dominique pour combattre l’hydre hitlérienne.
A l’heure où en France le fascisme relève la tête sous une forme renouvelée pour, comme en 1933, capitaliser les colères populaires contre les politiques néo-libérales capitalistes de Macron et ses soutiens de droite et droite extrême, commémorer cette date c’est un acte salvateur et enrichissant.
Enfin le 8 mai 1920 a vu la création par Jules Monnerot, historien, philosophe, professeur et avocat et d’autres militants du vrai socialisme, de notre journal Justice pour défendre les droits des travailleurs. Ils voulaient signifier leur refus de la collaboration de classe avec l’oligarchie capitaliste béké préconisée par le très populaire député socialiste Lagrosillière.
Cela fait 106 ans que Justice trace le sillon de la défense non seulement de la classe ouvrière, mais aussi de l’ensemble des couches laborieuses et du peuple martiniquais.
Car pour lutter efficacement il faut être correctement informé. A la suite de Jules Monnerot, André Aliker l’a payé de sa vie en 1934. Et aujourd’hui c’est un magistrat, le président de la Cour d’assises de Fort-de-France, qui, dans un livre à paraître bientôt, montre comment la Justice coloniale a empêché que le crime ne soit puni. Aliker dénonçait la corruption, le détournement de fonds publics, la collusion de l’administration coloniale avec les puissants d’alors qui, avec Eugène Aubéry, possédaient les clés de la colonie.
Aujourd’hui, les conditions de la lutte ont profondément changé. Le système colonial s’est revêtu d’une nouvelle peau dite départementale, mais sa vraie nature d’exploitation et de domination n’a pas changé fondamentalement. Elle est même plus insidieuse, plus masquée et de fait plus pernicieuse.
Chaque semaine Justice s’efforce d’en dévoiler les ressorts, d’en révéler les mécanismes.
Un exemple. Notre confrère France Antilles du 7 mai 2026 annonce triomphalement à sa Une : “Les perspectives d’emploi sont bonnes en 2026. 12 000 offres d’emploi dans nos entreprises. Une embellie sur le front de l’emploi…”.
Justice a essayé d’y voir plus clair. La vérité, c’est que France Travail a interrogé les chefs d’entreprises et les capitalistes fin 2025 pour leur demander quelles sont leurs intentions d’embaucher en 2026. C’est l’enquête annuelle Besoins de main d’œuvre, dite BMO. Eh bien, le nombre d’embauches envisagées est en recul de 5 % sur l’année précédente 2025 et il ne cesse de baisser depuis 3 ans, rapporte le rapport officiel de France Travail. Pas surprenant puisque l’économie martiniquaise a été en recul l’année dernière. Et cela a continué début 2026.
Et surtout, depuis l’agression de Trump et Nétanyahou contre l’Iran le 28 février 2026, le monde entier subit un choc énergétique et économique qui provoque inflation et recul d’activité avec hausse du chômage. La France est à croissance zéro au 1er trimestre 2026. La Martinique va en subir les conséquences régressives.
Et le cours du pétrole continue de monter en raison de l’escalade guerrière de Trump et des Etats-Unis.
En faisant miroiter une progression de milliers d’embauches, la presse conformiste participe à l’entreprise d’endormissement des travailleurs et de l’opinion publique en général. Or, la question de l’emploi dans ce pays est extrêmement sensible. A l’heure où il faut faire preuve de vigilance et de mobilisation pour contrer la volonté capitaliste de faire payer sa crise aux travailleurs, le rôle de Justice s’avère nécessaire et capital pour clarifier la situation réelle.
Fêter le 8 mai c’est aussi défendre Justice et le soutenir.
Michel Branchi (11/05/2026)





