Deux enquêtes ont été confiées à la Direction Territoriale de la Police Nationale pour des faits graves au sein du service mortuaire du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique.
Selon les informations de nos confrères de RCI Martinique, il faut remonter en 2024 lorsqu’un homme est porté disparu. Le cadavre est finalement retrouvé des mois plus tard, mais dans un état de décomposition avancée. La dépouille est donc stockée à la morgue. L’enquête d’identification finit par porter ses fruits récemment.
L’aboutissement de ces investigations permet en principe à la famille de récupérer ce qu’il reste de leur disparu. C’est à ce moment qu’un problème se pose. La remise du corps n’a pas pu avoir lieu, le sac mortuaire contenant les ossements étant alors introuvable.
Fin Avril, un médecin a déposé plainte pour comprendre ce qui s’est passé.
L’investigation a découvert que ces dernières semaines d’autres enquêtes ont été lancées pour des vols de scellés judiciaires et la disparition de dépouilles.
La direction reste silencieuse : Les syndicats réagissent
Selon le secrétaire général de Force Ouvrière Santé Jean-Pierre Jean-Louis, le silence de la direction est inquiétant : “L’administration ne nous a pas informés de cette situation, et il y a par ailleurs une affaire juridique en cours sur laquelle je ne peux pas me prononcer […] quand on entend de telles choses, c’est un coup de massue. Je ne peux donc que déplorer cette situation. On pense aux autres puisque nous sommes des acteurs de la santé, mais nous ne sommes même pas en mesure d’être informés convenablement sur les dysfonctionnements à l’hôpital. La direction n’a pas souhaité nous recevoir sur ce sujet, mais j’irai chercher l’information car je suis encore vraiment remonté contre cette situation. On n’avait vraiment pas besoin de ça au CHU. Nous avons déjà tellement de problèmes que nous n’arrivons pas à régler et, malheureusement, ce coup-ci vient nous anéantir encore davantage”.
La CGTM Santé est en grève depuis le 11 mai. Le syndicat dénonce des changements d’affectation qui compromettent la tenue d’un service, déjà sous tension : “La CGTM Santé s’interroge sur le plan d’action mis en œuvre au sein du service de la Morgue de Pierre Zobda Quitman qui se borne à déplacer des agents. Un premier agent a déjà été déplacé. 3 autres ont été informés d’une décision de mobilité. Les trois agents ont refusé cette mobilité. Depuis la publication de l’article par les médias et sur les différents réseaux sociaux : les agents sont stigmatisés et pointés du doigt, et reçoivent des messages accusateurs.”
Bien avant cette affaire, la CGTM et l’USAM avaient déjà déposé un préavis de grève au service de la morgue pour le 7 avril. Les syndicats dénonçaient les conditions de travail, notamment la longue conservation des corps, le manque d’accès informatique, l’insuffisance de matériel et la tension entre les agents. L’absence de fiche de poste, la non reconnaissance de l’activité d’autopsie …
Les deux syndicats revendiquent le maintien des 3 agents à la chambre mortuaire, la restauration de la prime autopsie avec rétroactivité, la mise à jour de la fiche de poste, la tenue d’une campagne d’évaluation, la titularisation de deux agents avec une ancienneté de 9 ans, de la formation d’agents, l’installation d’un poste informatique, l’affectation d’agents de nuit et la demande de matériels.
Affaire à suivre…
J-PM Source : RCI (14/05/2026)





