Malgré les rodomontades de Donald Trump et ses menaces de blocage du détroit d’Ormuz et des ports iraniens, l’Iran n’a pas perdu la guerre et Trump essaie de sauver la face. C’est l’analyse d’un général Yakoleff, ancien vice-chef d’Etat-major de l’Otan.
Mais la paix n’est pas encore au rendez-vous. Pire. Trump peut décider d’envoyer des troupes au sol ou de déchainer des bombardements aériens pour “ramener l’Iran à l’âge de pierre”, ainsi qu’il s’en vante avec cynisme et vulgarité.
Autrement dit, le prix du pétrole brut ne va pas descendre de sitôt en-dessous de 100 $/baril. Et il n’y a pas que le pétrole dont le prix s’enflamme : le gaz, les engrais, diverses matières premières telles que le plastique, etc.
Le monde subit un choc économique global. Le Fonds monétaire international (FMI), organisme international du capitalisme, prévoit une vague d’insécurité alimentaire. Et la France, comme l’Europe, risque d’être frappée non seulement par une recrudescence d’inflation, mais également par une pression forte au recul de son activité économique et donc de hausse du chômage.
Vu notre dépendance économique et sociale, il est avéré que ces effets néfastes vont se transmettre chez nous où nous souffrons déjà de la “vie chère” et de pauvreté. Nous commençons déjà à enregistrer l’inflation importée de la hausse du pétrole.
Et comme notre économie a subi un recul en 2025 avec baisse de l’emploi, nous risquons d’aller vers un plongeon plus profond dans ce qu’on nomme une “récession”, annoncée par beaucoup d’observateurs.
Nos collectivités locales (communes, communautés de communes, collectivité territoriale de Martinique), avec la baisse probable du pouvoir d’achat et de la consommation, peuvent voir diminuer leurs recettes fiscales alors qu’en même temps elles seront plus sollicitées pour accroître leurs aides sociales par les Martiniquais les plus modestes. Dilemme insupportable.
Cette crise internationale rappelle combien le pays est vulnérable derrière sa prospérité de façade. Il faut se concentrer sur l’essentiel.
C’est l’occasion de mettre en route des politiques de mise en place d’énergies alternatives afin de dépendre moins du pétrole : géothermie, panneaux solaires, etc. La Dominique nous donne l’exemple.
C’est l’obligation qui nous est faite de rechercher plus d’autonomie alimentaire et d’avancer réellement dans ce domaine.
C’est l’heure de solutionner enfin notre problème de transport public et réduire l’importance de la voiture individuelle.
C’est le moment de construire une entité unique pour la gestion de l’eau au lieu de disperser les efforts dans des communautés de communes impuissantes.
Cependant pour opérer plus efficacement, nous avons besoin de capacités d’action plus larges que ce que nous permet le cadre institutionnel actuel. Il nous enserre dans un corset asphyxiant et obsolète.
De la crise doit naître un élan nouveau. A nous de le créer.
Michel Branchi (13/04/2026)





