Le BTP martiniquais rattrapé par la hausse de la taxe carbone

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Depuis le début de l’année 2026, le secteur du bâtiment fait face à une nouvelle difficulté en Martinique. En cause : l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), une mesure européenne qui renchérit le coût de certains matériaux importés, dont le ciment.

Le MACF impose désormais une taxation sur les produits industriels importés fortement émetteurs de CO₂. C’est notamment le cas du clinker, composant principal du ciment, largement utilisé sur l’île et majoritairement importé. Résultat immédiat : les prix augmentent. En quelques mois, le coût du ciment a déjà progressé de plus de 11 %. Une hausse qui pourrait se poursuivre dans les prochains mois, à mesure que le prix du carbone augmente. Pour les professionnels, l’impact est concret. Sur une maison individuelle, cela représente plusieurs centaines à plus d’un millier d’euros supplémentaires. Sur les chantiers publics, la facture peut rapidement grimper à des montants bien plus élevés.

Un secteur déjà fragilisé

Cette hausse intervient dans un contexte difficile pour le BTP martiniquais, marqué par un recul de l’activité ces dernières années. Les entreprises, déjà sous tension, peinent à absorber ces nouveaux coûts sans les répercuter sur leurs clients.Or, les besoins restent importants, notamment en matière de logement. Toute augmentation durable du prix des matériaux risque donc de ralentir, voire de bloquer certains projets.

Un dispositif jugé inadapté aux pays dits d’Outre-mer

Si le mécanisme européen répond à un objectif environnemental, (lutter contre les émissions de CO₂ et protéger les industries européennes) il est aujourd’hui critiqué en Martinique. Les acteurs économiques dénoncent un dispositif qui ne tient pas compte des réalités locales. Selon Stéphane Abramovici, vice-président de l’AMPI (Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie), l’insularité, l’éloignement et la dépendance aux importations rendent ces territoires particulièrement vulnérables à ce type de mesure.

Plusieurs organisations évoquent un système inadéquat pour les régions ultrapériphériques, où les alternatives locales sont limitées.

Un appel à une réaction politique

Face à cette situation, les professionnels appellent les élus et l’État à intervenir rapidement auprès des instances européennes. L’objectif : obtenir une adaptation, voire une exemption du dispositif pour les territoires ultramarins. Car, au-delà du BTP, les conséquences pourraient s’étendre à d’autres secteurs, comme l’agriculture, également touchée par la hausse du coût des intrants.                                              

M.C

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