Second tour des municipales 2026 : L’expression difficile d’une volonté de changement

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Le second tour des municipales 2026 en Martinique a été dominé par la volonté de changement des électeurs.  10 nouveaux maires sortent vainqueurs sur 14 scrutins.

Cette confrontation électorale s’est déroulée dans un contexte très particulier.

Un nombre record de ballottages : sept en 2020 contre 14 cette fois-ci. Côté participation : Elle s’établit à 47,79 % contre 39 % en 2020 sans égaler celle de 2014.

Des majorités municipales se sont souvent défaites à l’épreuve de la gestion : dans treize communes, des élus qui géraient ensemble depuis 2020, se retrouvent en 2026 à la tête de listes concurrentes. Par exemple, Bellefontaine, Fonds Saint-Denis…

Des fusions de listes ont été réalisées souvent sans ligne idéologique ni de vision de programme commune. L’arithmétique électorale pure a fréquemment prévalu sur toute cohérence gestionnaire. Des fusions quelquefois entre adversaires de longue date.

Il en est de même de certains retraits sans indication claire de vote qui semblent présager de futurs ralliements alimentaires.

En outre, les clivages politiques sont peu visibles idéologiquement : ni droite/gauche, ni assimilationnistes/autonomistes ou indépendantistes. Cela paraît organiser l’absence de visibilité et de transparence politique dans la confusion. Les candidatures issues de majorités municipales sortantes, comme aux Trois-Ilets, au Morne-Rouge, ou Moreau, ancien adjoint au Maire à Fort-de-France en dépit de la pseudo-virginité de sa nouvelle étiquette PLP(Pour Le Peuple), etc, sont plutôt l’indice de libérations d’ambitions mal contenues jusqu’alors.

A Fort-de-France Didier Laguerre l’emporte certes avec 50,1 % des exprimés, c’est-à-dire une mince majorité absolue. Il ne faut pas oublier qu’au 1er tour ses adversaires étaient majoritaires avec 53,41 % des votes émis et 11 176 voix contre 9 343 voix au sortant. Il a décroché 2651 suffrages supplémentaires au second tour, mais a profité de la division orchestrée de ses concurrentes par Steeve Moreau (PLP).

D’autre part si Laguerre peut se targuer d’avoir redressé les finances de la Ville-capitale, c’est avec l’appui des autorités du pouvoir dans le cadre du COROM (Contrat de redressement outre-mer) et grâce à l’étalement des énormes dettes sociales octroyé. La situation reste fragile financièrement.

 Et il sera difficile de satisfaire les centaines de promesses (286) du candidat PPM pour se faire élire.

Pourtant le suffrage de milliers de citoyens a exprimé dans cette ville un pressent besoin de changement par la prise en compte de besoins populaires urgents.

D’une manière globale, quel que soit leur vote, les Martiniquais ont demandé à ceux qui les sollicitaient pour diriger leurs villes de les soutenir dans leurs difficultés de mal-vivre. Le Pays aborde sans doute une mutation.

Car, après ces élections municipales, la Martinique reste face à ses problèmes de pauvreté, de précarité, de chômage, de vie chère, de mal vivre, de surendettement, de vieillissement, etc.

Alors que la France glisse vers la droite dure et l’extrême droite obsédées par la question de l’immigration, que le monde occidental, y compris la France, s’engage, à quelques exceptions près, dans la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques désastreuses, notre pays a besoin de rassemblement pour exiger du pouvoir qu’il soutienne nos collectivités tant communales que territoriales.

Les nouveaux maires seront donc confrontés à l’exigence du peuple de répondre aux aspirations au mieux-être mises à jour lors du récent scrutin.

Et il est nécessaire qu’au-delà des votes émis les masses populaires sachent qu’elles peuvent compter sur les forces démocratiques et anticolonialistes pour les aider dans les luttes qu’elles devront engager pour vivre, voire survivre.

Il est du devoir de ces dernières, de continuer à expliquer que, sans changement des rapports de domination néocoloniale du statut départemental actuel, on ne peut vraiment s’attaquer au mal-développement qui est à la source des problèmes sociaux du pays.

                                                                                        

Michel Branchi