La Martinique doit prendre son temps pour aller de l’avant et construire un pays nouveau.
Cependant les grands maitres de l’import-consommation ne cessent de vouloir se débarrasser de l’octroi de mer qui serait un obstacle à l’importation sans limite afin de faire du pays encore plus un Hypermarché. L’offensive contre ce moyen de soutien de développement est constamment renouvelée.
Pour alimenter les ressources des communes et de la CTM, il faudrait supprimer cet octroi de mer et créer une TVA bis.
Surtout il est exigé de supprimer la protection de la production locale taxant de manière différentielle les produis importés concurrents venant de France et d’Europe par rapport aux produis fabriqués localement.
L’octroi de mer est accusé d’être une “taxe coloniale”, alors qu’à l’inverse les élus l’ont progressivement transformé en un instrument décentralisé de décompensation à vocation redistributive au service du développement territorial. Les recettes d’octroi de mer produisent des biens publics de proximité d‘action culturelle, sociale et sportive, d‘aménagement communal, de création d’emplois de proximité et de développement local.
Dans le même temps, le gouvernement français a publié le 14 août au journal officiel l’Accord-cadre reconnaissant enfin un “pouvoir normatif autonome (dans certaines matières non régaliennes)”, ouvre la discussion sur une “autonomie fiscale progressive” et garantit une “consultation finale de la population”.
Le pouvoir central devra transférer les compétences parallèlement aux moyens financiers.
Certes cet Accord-cadre ne crée pas encore un pouvoir nouveau : il organise simplement une négociation dont le contenu, les garanties financières et la traduction constitutionnelle doivent être élaborés. C’est un pas en avant.
Principalement, l’évocation de la question de la fiscalité autonome progressive a provoqué dès sa signature le 1er juillet un tollé du grand patronat et des politiques réactionnaires assimilés.
Et pourtant ceux qui accumulent de gros bénéfices se doivent de participer à la refondation du modèle économique martiniquais.
Il importe de tenir bon car personne ne peut agir à notre place.
Michel Branchi (17/08/2026)





