Transport public : Un système à bout de souffle

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Le quotidien France-Antilles s’est emparé de la question du transport public sur deux numéros successifs des 17 et 18 août dernier. Les articles sont signés G-G.D.S et Elsa Ludovicus.
Vu l’importance économique et sociale du transport dans le contexte actuel martiniquais, il nous paraît judicieux d’en résumer quelques éléments rassemblés par le journal.

La question du financement est directement posée : “Qui doit payer la facture ?”.

Le journal expose : “Près de huit ans après la mise en place effective de l’autorité unique, l’offre s’est développée, les tarifs payés par les voyageurs ont fortement diminué mais son financement apparaît aujourd’hui difficilement soutenable. Gouvernance, contrats, contribution des EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale), tarification : aucun sujet ne semble désormais pouvoir être écarté”.
France-Antilles observe : “Avant la mise en place de l’autorité unique de transport, prendre un taxi collectif pouvait représenter une dépense importante pour les usagers effectuant quotidiennement de longues distances”. Un exemple est pris : “Pour un salarié effectuant un aller-retour vers Fort-de-France pendant 20 jours, la facture pouvait ainsi rapidement grimper. Un habitant de l’Ajoupa-Bouillon, avec un trajet facturé 9 euros, devait consacrer 18 euros par jour à son transport, soit 360 euros sur 20 jours. À Sainte-Anne, où le trajet coûtait 8,60 euros, la dépense atteignait 17,20 euros par jour, soit 344 euros sur 20 jours. Et cela uniquement pour se rendre au travail et en revenir. Avec l’organisation actuelle, la logique a profondément changé. Le prix payé par le voyageur ne reflète plus, loin de là, le coût réel du déplacement”.
“Avec seulement 11 à 12,5 millions d’euros de recettes directement liées aux ventes de titres et prestations pour près de 165 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, la question n’est donc peut-être pas de savoir s’il faut revenir aux tarifs des anciens taxis collectifs. Elle est plutôt de déterminer qui doit payer la différence entre le prix du ticket et le coût réel du transport, et dans quelles proportions”.

• Quelques données chiffrées sont avancées :
“Chaque année, environ 6 millions de voyages sont réalisés sur l’ensemble du réseau. L’offre repose sur près de 200 lignes : 63 dans le Centre, 85 dans le Sud et 53 dans le Nord. Le transport public répond donc bel et bien à un besoin et à une activité réelle”.
Côté dépenses on note : “Selon les chiffres avancés lors des discussions, les recettes commerciales tournent autour de 11 millions d’euros, pour près de 165 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, auxquels viennent s’ajouter quelque 35 millions d’euros d’investissement”.
Il est indiqué côté recettes : “Dans son budget 2026, l’établissement prévoit 158,53 millions d’euros de recettes d’exploitation. Elles reposent principalement sur 77,5 millions d’euros de subventions d’exploitation et 58 millions d’euros de produits issus de la fiscalité (le versement mobilité et la taxe sur les carburants), contre 60 millions en 2025”.
Il en ressort que “en clair, l’équilibre du système repose beaucoup plus sur la fiscalité et les contributions publiques que sur ce que paient directement les voyageurs”.

L’apport de la CTM est passé de 72 millions d’euros en 2021 à 110 millions d’euros en 2025, soit une progression de 38 millions d’euros et de + 53 %, explique Serge Letchimy.
Mystère des 22 millions d’euros disparus : “Les contributions des trois EPCI seraient passées d’environ 25 millions d’euros à seulement 2,5 millions”, constate G-G.D.S. Donc 22 millions de financement transport des communautés de communes auraient disparus.

• Qui doit financer le transport public en Martinique et à quelle hauteur ?
Si les trois EPCI reconnaissent la nécessité de revoir le financement du transport afin de garantir la continuité du service, ont-ils aujourd’hui les moyens de mettre davantage la main au pot ? Ils ont des finances exsangues.
Les recettes commerciales peuvent-elles être sensiblement améliorées sans pénaliser les usagers ?


La CTM doit-t- elle continuer à augmenter sa participation ?


L’État pourrait également être invité dans le débat suggère France-Antilles.

• Faut-il continuer à faire circuler partout les mêmes types de véhicules, aux mêmes fréquences, lorsque la fréquentation ne le justifie pas ?
Transport à la demande, véhicules de moindre capacité, fréquences adaptées aux heures creuses, renforcement des lignes les plus utilisées : plusieurs leviers existent. Car avant de rechercher de nouvelles recettes, Martinique Transport devra également démontrer que chaque euro dépensé correspond à une offre réellement adaptée aux besoins des usagers.

• En définitive, il s’agirait à la fois de réduire certaines dépenses, rechercher de nouvelles recettes, revoir les contributions des différents partenaires, réexaminer les contrats et, plus largement, repenser la gouvernance de Martinique Transport.
En conclusion : L’auteur de l’article en vient à la conclusion logique : “Huit ans après la création de Martinique Transport, c’est désormais le modèle même du transport public martiniquais, son financement, ses contrats et sa gouvernance qui sont appelés à être remis à plat”.
“J”

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