Dlo ka dépasé farin’ :Dressons un bouclier commun avec les Régions et Collectivités qui protestent contre le serrage financier du gouvernement Macron-Lecornu

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Nous avons appris que quinze présidentes et présidents de Régions et Collectivités de France, d’outre-mer et de Corse ont écrit une Lettre ouverte au Premier ministre de la France pour lui signifier qu’ils en avaient assez de voir le pouvoir central couper arbitrairement dans leurs finances.
Un chiffre : le gouvernement leur a pris 1,7 milliard d’euros en 2025/2026 occasionnant une baisse importante de leurs investissements.
Le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de la Martinique, aux prises avec de sérieuses difficultés financières a cru bon de se joindre à cette fronde. Même si les problèmes de la CTM ont également d’autres sources que l’actuelle politique d’austérité du pouvoir macroniste.
Certains bondissent pour s’en prendre malhonnêtement à leur obsessionnel ennemi, à savoir l’Accord-cadre du 1er juillet sur une négociation pour un éventuel changement institutionnel avec un “pouvoir normatif autonome” et une “autonomie fiscale progressive”. Vous voyez, éructent-ils en substance, l’avancée vers la plus petite parcelle d’autonomie nous privera des subsides de la mère-patrie.
Il faut rétablir la vérité. Les exécutifs des Régions de France, des autres pays dits d’outre-mer de Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion et de Corse n’ont pas signé d’Accord-cadre institutionnel comme la Martinique.
Mais il est une réalité dont nous devons nous pénétrer, c’est qu’en France même les Collectivités régionales demandent plus de pouvoirs locaux pour affronter les problématiques du développement économique. Quant aux autres pays d’outre-mer et la Corse, ils sont dans une dynamique d’évolution de leurs rapports avec l’Etat qui leur est propre.
La voie de la Martinique a été adoptée unanimement par le Congrès des élus et l’Assemblée de Martinique. Certes l’Accord-cadre aurait dû être soumis à l’Assemblée pour vérifier sa conformité avec la résolution du Congrès.

Le problème soulevé par la rébellion des quinze exécutifs est surtout financier.
Or, l’actuel gouvernement Macron-Lecornu est soumis à la nécessité de faire face à une dette de plus de 3 600 milliards d’euros créée principalement par sa politique de cadeaux fiscaux aux grands groupes capitalistes. Et il puise pour combler le trou dans les ressources de la Sécurité sociale, des caisses de retraites, de l’assurance-chômage et… des collectivités locales. D’où la révolte de Régions et Collectivités de Martinique et de Corse.
Ce gouvernement, d’ailleurs, s’enfonce dans la crise financière. Un quatuor de grands économistes, consulté, vient de rendre un verdict particulièrement alarmiste : Si rien n’est fait, selon leurs estimations, le déficit budgétaire atteindrait 5,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, puis près de 7 % en 2030. Ils enfoncent le clou en annonçant que le ratio de dette publique s’élèverait à 130 % du PIB en 2030, soit une hausse de plus de 10 points par rapport aux 118 % attendus en 2026 et que la charge de la dette, pour sa part, augmenterait de 10 milliards d’euros par année sur la période.
Alors aux six milliards d’économies budgétaires déjà décidés, le gouvernement Lecornu ajoute d’ici septembre 3 milliards d’économies supplémentaires en raison du choc économique mondial de la guerre en Iran.
On comprend pourquoi les collectivités se dressent contre ce cyclone de restrictions.
Il nous appartient donc de nous munir du bouclier de la solidarité avec les autres collectivités, spécifiquement avec celles des pays dits d’outre-mer et de Corse dans une situation socio-économique proche de nous.
Cette parade indispensable ne s’oppose pas au combat crucial pour garantir notre avenir de prise de responsabilité politique.

Michel Branchi (20/07/2026)

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