Augmentation du prix de l’eau de ODYSSI : Yann Monplaisir semble “découvrir” les difficultés financières de la Régie des eaux du Centre

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France –Antilles du jeudi 28 mai 2026 réserve une belle surprise aux usagers des communes de la communauté du Centre de la Martinique : l’annonce d’une augmentation  du prix de l’eau par Yan Monplaisir, le nouveau président de ODYSSI.  Combien ? Mystère…

L’article signé Cynthia Roussi-Sabas écrit : “Élu président d’Odyssi lors du conseil d’administration du 21 mai, le maire de Saint-Joseph succède à Daniel Chomet, élu maire de Schœlcher, et qui n’a pas souhaité poursuivre le mandat. Face à une situation financière et technique dégradée, il livre sa feuille de route pour redresser la régie communautaire du Centre”.

“Situation financière dégradée”

Explication : “La régie communautaire de la Communauté d’agglomération du Centre de la Martinique en charge de la gestion et de l’exploitation des services publics d’eau potable et d’assainissement a fait l’objet depuis octobre 2025 d’un fichage par la Cour régionale des comptes”.

Quelle situation financière ? On n’en saura pas plus. Voir note sur avis de la Chambre régionale des comptes (CRC) : 15 millions d’euros de déficit.

Il est demandé à Yan Monplaisir ce qu’il va faire. Il répond sans hésiter : “Le premier levier : les tarifs. Aujourd’hui, le tarif de l’eau d’Odyssi n’a pas été revisité depuis 17 ans.C’est une réalité que tout le monde connaît, et Daniel Chomet avait déjà engagé ce dossier. Cette réactualisation tarifaire doit se faire tout de suite. Parallèlement, nous allons mettre en place un dispositif strict de contrôle et d’évaluation des dépenses pour identifier nos marges de manœuvre et faire des économies sur le fonctionnement”. Ce sont les usagers qui vont payer.

Augmenter les tarifs et diminuer sur les dépenses : Classique après la mauvaise gestion du PPM et alliés

Et le personnel, demande France-Antilles. Bien qu’alambiquée la réponse du Maire de Saint-Joseph est limpide : “À plus long terme, nous devons préparer un plan de restructuration pour améliorer la productivité. Il y aura sans doute des ajustements à faire sur les effectifs, mais ils se feront au fur et à mesure, en tenant compte des réalités, et sans que cela n’impacte brutalement les individus”. Non remplacement des départs à la retraite pour “maitriser la masse salariale”, est-il cité. On a trop recruté.

Et que sera-t-il fait pour la “vétusté du réseau” qui occasionne des fuites récurrentes et des pertes de recettes ?

Le nouveau président d’Odyssi n’y va pas quatre chemins :  “Nous devons planifier un grand plan d’investissement sur plusieurs années pour réduire les fuites, en hiérarchisant les urgences grâce à un diagnostic général”.  Et c’est pourquoi cela passe par le redressement financier, justifie-t-il. On croirait entendre le plan de redressement de la Ville de Fort-de-France soumise depuis 2020 au fameux COROM (contrat de redressement Outre-mer).

Alors comment coordonner les ressources en eau de la Martinique, questionne le quotidien

Yann Monplaisir énonce une évidence : “Il y a de l’eau en Martinique, et elle doit être partagée au service de tous. Rien n’est pire que d’avoir de l’eau en excédent à un endroit, de la rejeter dans la nature, pendant que la commune d’à côté subit des coupures. L’égoïsme territorial ne peut plus prévaloir”.

Cependant l’élu de droite refuse la solution de la demande d’une loi d’habilitation pour la création d’une entité unique de l’eau préconisée unanimement par les conseillers territoriaux de la CTM. Pour lui rien en dehors des Communautés de communes (EPCI). Il décrit sa vision : “Mon schéma est clair : la distribution reste locale. Odyssi continue de distribuer l’eau sur la CACEM, la SME ou un autre opérateur sur l’Espace Sud, et la Saur dans le Nord. Chaque territoire garde sa spécificité, ses contrats et gère son assainissement. La production est mutualisée : on met toutes les usines de production et les captages en commun sous une seule autorité, qui est l’émanation des trois EPCI”. La gestion va rester éclatée.

Et, finalement, le Maire de Saint-Joseph définit sa conception très néolibérale de la gestion : “Odyssi restera indépendante avec sa gestion, ses dettes et ses défis internes. Mon objectif est simplement de ramener de la transparence et du pragmatisme. Il est ridicule qu’une structure privée arrive à gagner de l’argent dans ce secteur et qu’une structure publique ne fasse qu’en perdre”.

Il faudrait donc gérer Odyssi comme une entreprise privée. C’est là qu’on n’oublie pas que Yann Monplaisir est le patron d’un puissant groupe privé.

Eh non, entreprise publique n’est pas synonyme de perte d’argent et de déficit. Question de sérieux dans la gestion.           

POUR INFORMATION

Le rapport de la Chambre régionale des comptes constate aussi un déficit de plus de 15 millions d’euros à Odyssi

Par RCI Web avec Thomas Gendre 22/10/2025

La Chambre régionale des comptes (CRC) épingle la régie communautaire de l’eau Odyssi pour un budget 2025 jugé “insincère” et voté en déséquilibre. Le déficit s’élève à plus de 15 millions d’euros pour l’eau potable et plus d’un million pour l’assainissement collectif.

M.B

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