Prendre à-bras-le-corps la question cruciale du transport public

Les plus lus

La Martinique est malade de son système de transport. Grèves à répétition, pannes récurrentes, chauffeurs pas payés, salaires inégaux d’une entreprise à l’autre, usagers mécontents.
Finalement les comptes de Martinique-Transport pour son budget 2026 font apparaître 44,6 millions d’euros d’impayés au titre de 2025. Ces dépenses ont dû être reprises dans le budget suivant par manque de crédits. Les transporteurs sont pris à la gorge. Un accord a dû être trouvé in extrémis pour assurer la rentrée du transport scolaire.
Cependant, depuis la création de l’Autorité unique en 2018, l’organisation des transports en Martinique a profondément évolué et s’est améliorée : extension des réseaux, création du Transport en commun en site propre (TCSP), tarifs plus abordables qu’à l’époque des taxiscos, modernisation des modes de paiement.
Ce sont 6 millions de voyages qui sont réalisés annuellement et 200 lignes qui sont en fonctionnement.
Le point noir est cependant le financement. Il n’y aurait que 11 millions d’euros de recettes commerciales pour, dit-on, 230 millions de dépenses.
Martinique-Transport est financé par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) et les trois intercommunalités (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale-EPCI). Et cette entité rémunère les entreprises de transport.
Les ressources principales sont constituées par le versement mobilité, la taxe sur les carburants et des subventions d’exploitation.

La problématique posée est simple : Faut-il augmenter la participation des usagers qui sont souvent les ménages les plus modestes de notre peuple qui subissent de plein fouet la “vie chère”?
Faut-il augmenter la fiscalité payée par les entreprises (de plus de 11 salariés) et les automobilistes ?
Faut-il adapter les lignes : fréquences, taille des véhicules, kilomètres parcourus, organisation des lignes, etc ? C’est-à-dire ce que l’on nomme l’offre de transport.
La gestion de Martinique-Transport se doit d’être rigoureuse certes.
Toutefois l’implication de l’Etat ne doit pas être écartée parce qu’il s’agit d’un service public et d’introduire plus de justice sociale dans notre société pétrie de nombreuses inégalités. La possibilité de se déplacer, de travailler, d’accéder aux commerces ou aux services est un élément du vivre mieux.
Or le gouvernement actuel prépare un budget 2027 terrible d’austérité.
En d’autres termes, le transport public doit être pris à-bras-le-corps et considéré comme un problème de société majeur.
Le souffle de la démocratie participative doit passer puissamment. Et les citoyens martiniquais devront parler fort pour être entendus.


Michel Branchi (23/08/2026)

- Réclame -spot_img
- Réclame -spot_img
Dernières Actus

C’est l’espoir qui doit nous faire nous battre

La Martinique tourne en rond dans la crise de Martinique transport et de son déficit plus de 45 millions...
- Réclame -spot_img

Articles connexes