Luttons efficacement contre la vie chère. Non aux casseurs et aux pilleurs qui jouent objectivement en faveur du RN

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“La question de la vie chère est au centre des revendications”, a déclaré la ministre des Outre-mer au Sénat le 21 octobre 2026. Et ajoutons celle du pouvoir d’achat.
Pas seulement dans les Pays dits d’outre-mer, mais aussi dans le mouvement social qui mobilise des milliers de manifestants en France : vie chère et pouvoir d’achat sont des exigences du peuple.
En Martinique, le Protocole du 16 octobre 2024 n’a donné que des résultats partiels des baisses de prix sur certains produits. On est loin du recul de 20 % promis. Le gouvernement n’a pas financé la baisse des frais d’approche et n’a pas instauré le tarif export au bénéfice des pays dits d’outre-mer.
La loi vie chère est en panne entre le Sénat et l’Assemblée nationale au Parlement français.
La ministre Naïma Moutchou n’envisage un examen du texte qu’en janvier 2027 par les députés.
Nous l’avons déjà écrit ici même : la loi permet au gouvernement de fixer les prix de produits de première nécessité par décret en outre-mer. En attendant la loi sur la vie chère il faut agir vite et fort.
Citons pour être précis et afin que nul n’en ignore l’article L-410-4 du code de commerce : “Dans les collectivités relevant de l’article 73 de la Constitution et dans les collectivités d’outre-mer de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Wallis-et-Futuna, et en conformité avec l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, le Gouvernement peut réglementer, après avis public de l’Autorité de la concurrence et par décret en Conseil d’Etat, le prix de vente de produits ou de familles de produits de première nécessité.”
Bien sûr, ce texte est parsemé de chausse-trappes juridiques derrière lesquels les gouvernements jusqu’ici se sont cachés pour pratiquer l’immobilisme. C’est pourquoi la mobilisation populaire est indispensable.
Aussi Justice de la semaine dernière a titré son éditorial : “Vie chère : Bloquez les prix des produits de large consommation populaire et taxez les prix essentiels.”
Cela n’est pas utopique.
En effet, un décret fixant les conditions économiques de la libération de stocks stratégiques de gazole annoncé au début du mois par le premier ministre, Sébastien Lecornu, a été publié, samedi 24 octobre, au Journal officiel et prévoit une répercussion pour les consommateurs à compter du 1er novembre.
Le décret prévoit l’obligation pour les distributeurs de répercuter intégralement la baisse de prix pour les consommateurs et de les informer avant la vente.
Ainsi, sous la pression de l’opinion publique, le pouvoir a déchiré sa feuille de route libérale sur le dogme de la liberté des prix et fixe les prix des carburants en baisse de 12 à 18 centimes par litre pour tenter d’éteindre le feu de la colère sociale. Cela s’appliquera dans les Pays dits d’Outre-mer.
Ici comme en France, la colère contre les injustices est légitime, mais la casse ne résout rien, mis à part ruiner les commerçants, effrayer les hésitants et renforcer la bourgeoisie réactionnaire qui fait voter Rassemblement national pour soi-disant défendre l’ordre et la sécurité.
Les actions de chaos, de destruction et de pillage ne profitent jamais au mouvement social.
Luttons avec lucidité et détermination contre la vie chère.

C’est notre bon droit !

Michel Branchi (26/10/2026)

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