Nuages économiques : Tous les éléments d’une juste colère sociale se rassemblent

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La hausse brutale des prix des carburants le 1er octobre en Martinique et dans les autres départements d’outre-mer, en décalage avec la dérive subie en France, a produit un électro-choc.
Certes le régime spécifique outre-mer de prix administrés a atténué l’augmentation résultant de la crise pétrolière liée à la guerre au Moyen-Orient et le niveau des prix reste encore inférieur à celui atteint an lot bô. Les Taxes ici ne sont pas prélevées par l’Etat, mais par les collectivités locales.
Mais l’effet sera à terme le même, malgré les aides aux carburants qu’a dû concéder le gouvernement pour amortir le coup : une forte ponction sur le pouvoir d’achat. Et ce seront les foyers les plus modestes qui souffriront le plus.
Cela se produit au moment même où officiellement, on constate au second trimestre 2026 que l’activité économique continue à reculer en Martinique depuis la fin de l’année 2024 et que l’emploi salarié baisse. Tous les secteurs sont frappés de léthargie, particulièrement la construction. La hausse des prix connaît un regain.
Pendant ce temps-là, suite aux révélations de la chambre régionale des comptes(CRC) sur la situation financière désastreuse de la Collectivité territoriale de Martinique (dette astronomique, autofinancement négatif, délais de paiement exorbitants, etc), cette dernière est sommée d’adopter un plan de redressement budgétaire impliquant des baisses de crédits de millions d’euros.
Cela n’empêche pas le gouvernement Lecornu de lui appliquer les restrictions de crédits qu’il prévoit au budget de l’Etat pour 2027 en France. Un budget qui affiche 47 milliards d’économies pour tenter de rattraper la dette publique de 3 600 milliards d’euros de la France.

Et cette purge ne va pas épargner les Pays dits d’outre-mer. Contrairement à l’annonce triomphale d’une augmentation du budget du ministère des outre-mer, la réalité est qu’il s’agit d’une hausse en trompe l’œil, selon le grand journal Le Monde. Ce budget outre-mer, une fois les artifices de présentation écartés, va baisser.
Les Lycéens qui exigent l’amélioration de leurs conditions d’apprentissage se heurtent, ici comme en France, au mur de l’austérité et… de la crise financière capitaliste qui pointe en France.
Telle est la vérité nue.
Au choc énergétique se conjugue un choc économique et social en Martinique. Tous les éléments d’une juste colère sociale se rassemblent.
Comme les lycéens, il faut lutter pour faire reculer le pouvoir sur le pouvoir d’achat, sur les dotations aux collectivités locales, sur les moyens à l’Ecole, etc.
Mais la vraie réponse réside dans un changement de modèle économique : stimuler l’investissement productif, engager la diversification économique notamment agricole, diminuer notre dépendance énergétique et à l’égard de l’importation tous azimuths, élargir nos relations extérieures dans notre environnement géographique, créer l’emploi local, etc.
Pour y parvenir il nous faut transformer le mode de gouvernance et étendre le pouvoir local.

Michel Branchi (5/10/2026)

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