SE-UNSA : “La crise démographique doit permettre d’améliorer les conditions d’exercice”

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Mercredi 2 septembre, le Syndicat Enseignant UNSA a tenu une conférence de presse de rentrée scolaire, au sein de ses locaux Rue Félix Eboué. Après une perte d’environ 1 000 d’élèves au sein de l’académie, le SE-UNSA pense qu’il faut utiliser la crise démographique pour améliorer les conditions de travail des enseignants et l’éducation des élèves.


Les chiffres publiés par le rectorat indiquent la tendance : 61 160 élèves ont fait leur rentrée scolaire dans les différents établissements de Martinique. Ce sont 931 élèves de moins comparé à 2025. Selon les données du SE-UNSA, la Martinique a perdu près de 20 % de sa population scolaire, soit plus de 15 000 élèves entre 2016 et 2026.

Cette baisse du nombre d’élèves pousse le gouvernement en place à supprimer des postes, avec environ 14 emplois enseignants retirés dans le premier degré et 57 équivalents temps plein dans le second degré, soit environ 71 emplois.
Pour se justifier, le ministère de l’Éducation déclare que les suppressions de postes sont moins rapides que la diminution des effectifs, et souligne une amélioration du taux d’encadrement. Bien que la Martinique possède un taux d’encadrement favorable, avec 9 professeurs pour 100 élèves dans le 1er degré, cette situation doit être analysée avec prudence, car un bon ratio ne garantit pas une classe avec un effectif raisonnable, ni la présence des personnels spécialisés, des remplaçants…

La stratégie scolaire doit être revue en Martinique


Selon l’UNSA, cette rentrée n’a pas été correctement préparée. Contrairement aux annonces du ministère, il n’y a pas un enseignant dans chaque classe ; des difficultés sont observées notamment dans les lycées professionnels en termes de bâti, de matériels : “Dans des établissements, la rentrée a été reculée, par exemple au LP Marius Cultier de Dillon” précise le secrétaire général du SE-UNSA, Carl Toussaint. Il faut ajouter aussi les problématiques liées au transport, avec des élèves qui n’ont pas pu rejoindre leur établissement : “Ce genre de difficultés n’est pas acceptable pour nous et devrait effectivement être davantage anticipé de façon qu’il ne se pose pas à la rentrée scolaire.”
Concernant la crise démographique qui frappe la Martinique, le SE-UNSA propose justement de : “Dans le fond, la baisse démographique est un problème. On ne va pas dire que c’est une bonne chose bien au contraire, car elle a des conséquences économiques, sociales, il faut lutter contre cela. Nous, nous disons qu’elle peut être utilisée dans un premier temps, dans le système éducatif, à l’amélioration des conditions d’exercice. Par exemple, avec des classes moins chargées, davantage de personnel de remplacement et de personnels dédiées au suivi et à l’amélioration des résultats scolaires des élèves, plus de personnel pour l’école inclusive, donc une amélioration des conditions d’apprentissage. La logique gouvernementale depuis de nombreuses années, c’est baisse démographique à baisse des moyens. On nous rétorque en Martinique que la baisse des moyens est moins prononcée ici qu’en France.”
La question des salaires a été abordée par le SE-UNSA. Selon eux, cela fait plus d’une dizaine d’années qu’il n’y a pas eu de véritable revalorisation salariale des personnels éducatifs. “Nous nous retrouvons en Martinique avec du personnel qui ne cesse de perdre en pouvoir d’achat. On nous demande toujours plus, mais avec un pouvoir d’achat qui ne cesse de diminuer. Augmenter des salaires ne suffira pas à attirer de nouveaux candidats pour cette profession, alors qu’ils vont constater que les conditions de travail sont de plus en plus difficiles.”

Le lycée professionnel manque de valorisation


Représentant des lycées professionnels à l’UNSA, Jean-Michel Marie-Sainte évoque les difficultés de la filière : “Le lycée professionnel souffre d’une image dégradée. Des parents pensent que c’est une voie qui n’est pas bien. Pourtant, aujourd’hui, il y a des anciens élèves qui sont enseignants. Ils sont au même niveau que moi malgré mon parcours universitaire.”
À l’heure où il manque de main d’œuvre, les métiers professionnels disposent d’une offre de formation qui peut répondre aux besoins de la société martiniquaise : “On a surtout besoin d’entendre que, dans notre population, nous avons besoin d’un public qui puisse accéder à un lycée professionnel où il y a des formations techniques qui sont utiles pour le tissu économique de la Martinique.”
Il y a effectivement des professions comme la plomberie ou l’électricité qui sont en tension.

L’UNSA regrette le manque de réactivité des instances

La rentrée a eu lieu avec de nombreux retards sur la réalisation des travaux au sein de certains établissements scolaires : “Il faut que nos instances dirigeantes, aussi bien la Collectivité territoriale de Martinique que l’Académie, préparent avec sérieux leurs rentrées. Dans plusieurs établissements, il y a eu des problèmes d’emplois du temps et de travaux qui devaient être réalisés durant les vacances scolaires”, lance Olivier Pierre-François, responsable de la section Éducation Physique et Sportive (EPS) à l’UNSA.
Il a évoqué les problèmes liés à sa discipline : “Nous avons les infrastructures sportives qui sont souvent non entretenues et insuffisantes en nombre, pour répondre à la demande des établissements. Ce qui amène les associations sportives, civiles à demander l’utilisation des espaces sportifs scolaires. Il faut que la CTM fasse très attention à qui elle met à disposition ces installations, car ça peut empêcher aux personnels d’avoir des conditions de sécurité et d’hygiène correctes. Nous ne sommes pas contre, mais il faut faire attention à la surutilisation et il faut prévoir un entretien plus récurrent.”
Le mauvais entretien des infrastructures pénalise aussi bien les professeurs que les élèves : “La santé au travail doit être prise au sérieux par l’académie. J’ai eu une visite en début de carrière, mais on sait que tous les personnels d’EPS travaillent au soleil, dans les gymnases… Ça fait des décennies qu’on demande cela”, conclu le professeur de sport.
Le SE-UNSA reste unanime sur le fait que la politique éducative en Martinique n’est pas une déclinaison de la politique française.

J-PM

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