CTM : Echec ou limites ? Il faut la dépasser aujourd’hui

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L’Accord-cadre sur le changement institutionnel a réveillé les vieux démons du maintien dans le vieux système de l’assimilation départementale.
Un de leurs angles d’attaque privilégié pour bloquer toute évolution est d’exiger un bilan de l‘installation, il y a dix ans en janvier 2016 de la Collectivité unique dite Collectivité Territoriale de Martinique(CTM).
Le discours est un prêt-à-porter : la CTM est un échec des élus martiniquais. Injonction des réfractaires : Avant d’élargir ses pouvoirs et ses ressources, utilisez les immenses compétences et le budget considérable de plus d’un milliard et 500 millions d’euros qui lui sont dévolus.
Le quotidien France-Antilles du mardi 21 juillet dernier a mis en œuvre une de ses meilleures plumes pour expliquer deux idées-clés pour faire stop.
Un : La CTM est un “échec” de tous élus qui l’ont dirigée.
Deux : Un pouvoir normatif ne pourra rien pour s’attaquer aux problèmes martiniquais tels que le vieillissement accéléré, l’exode de la jeunesse, l’augmentation des dépenses sociales, etc. Il faut d’abord et surtout changer la manière de gouverner.
Nous présentons dans ce numéro de notre hebdomadaire une analyse critique de cet argumentaire.
En janvier 2010 le peuple martiniquais a refusé de faire un petit pas vers une autonomie limitée dans le cadre de l’article 74 de la Constitution française. Il a écouté de mauvais bergers qui l’ont persuadé que cette avancée se ferait au prix de la perte de ses acquis sociaux : sécurité sociale, retraites, smic, indemnisation des chômeurs, etc. Il lui a été fait miroiter une prétendue 3ème voie qui est reconnue maintenant comme une voie de garage.
Notre peuple a choisi la création d’une collectivité unique en remplacement des Conseil général et Conseil régional, gage d’une plus grande efficacité dans la gestion du Pays.
Ce qui a été perçu par la majorité de nos concitoyens, c’est que cette Collectivité Territoriale de Martinique détiendrait une meilleure capacité de contribuer à résoudre les nombreux problèmes de notre société frappée par un mal et sous-développement.
La réalité c’est que cette CTM restait dans le système départemental de l’article 73 de la constitution, cause du chômage et sous-emploi élevés, de la crise démographique avec vieillissement accéléré et recul de la population, de la pauvreté profonde, de la vie chère, d’un système de santé de plus en plus défaillant, d’un service public des transports à construire, d’une organisation de la distribution de l’eau dotée d’un réseau usé et à bout de souffle, etc.
Le budget de cette CTM de quelque 1 milliard 300/400 millions d’euros a été présenté comme fabuleux alors qu’il comportait une grande part de dépenses obligatoires, particulièrement sociales. Aujourd’hui on reconnait enfin, malgré les mises en garde de la mandature Alfred Marie-Jeanne, qu’il reste sur cette somme peu de marges de manœuvre à la CTM.
Ce que l’on n’a pas suffisamment souligné, c’est que l’Etat conservait les leviers de décision essentiels avec ici un budget de 2,8 milliards d’euros. Soit plus du double de la CTM.
Et les dotations de l’Etat aux collectivités locales depuis Macron fondent d’année en année.
Un consensus s’est réalisé pour constater que la CTM avait atteint ses limites et qu’il fallait dépasser cette institution.
Alors les élus de tous bords ont voté, à l’unanimité, en Congrès d’octobre 2025 pour un “pouvoir normatif autonome” et une “autonomie fiscale progressive”.
Coup de tonnerre : ces revendications sont actées dans un Accord-cadre signé le 1er juillet par l’actuel gouvernement et le représentant de la CTM.
Alors la machine à aller en arrière s’est mise en route.
La CTM a été un pas en avant. Il faut en faire aujourd’hui un autre pour le bien de notre Martinique.
Michel Branchi (27/07/2026)

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