IEDOM : Hausse des défaillances d’entreprises dans les Pays dits d’outre-mer au 1er trimestre de 2026. Un reflet de la dégradation de l’activité en Martinique

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Le diagnostic de l’Institut d’émission des DOM (Iedom) est clair : “Entre avril 2025 et mars 2026, 2 868 redressements et liquidations judiciaires d’entreprises ont été enregistrés en Outre-mer. Le nombre de défaillances comptabilisées sur un an au T1 2026 augmente de 9,8 % en glissement annuel. Si la hausse ralentit par rapport au T4 2025 (+12,5 %), elle demeure néanmoins plus soutenue qu’au niveau national (+5,0 %), où 69 938 défaillances ont été enregistrées sur la même période”.

Le nombre de défaillances progresse dans tous les secteurs d’activité

L’analyse par secteur d’activité est instructive : “Bien que l’augmentation du nombre de défaillances touche l’ensemble des secteurs d’activité, quatre concentrent à eux seuls deux tiers de la hausse globale observée au T1 2026. Dans le secteur de la construction, le nombre de procédures collectives enregistrées augmente de 9,1 % sur un an, alors qu’il regroupe un dixième des entreprises ultramarines. Les redressements et liquidations judiciaires d’entreprises du commerce et réparation automobile continuent également d’augmenter (+6,8 %), représentant presque un cinquième du total des défaillances ultramarines. La progression des défaillances ralentit dans les conseils et services aux entreprises et l’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages mais reste importante (respectivement +13,7 % et +12,1 %)”.

La situation est différente selon les pays

En Guadeloupe, après avoir progressé de plus de 40 % en glissement annuel en 2025, l’iedom signale que les défaillances enregistrent un ralentissement au T1 2026. Le territoire voisin totalise ainsi 492 redressements et liquidations judiciaires, soit tout de même une augmentation annuelle de 19,1 %. Ils concernent principalement les secteurs des conseils et services aux entreprises, de la construction et de l’industrie.
La situation est similaire en Martinique où le nombre de défaillances augmente (+8,8 %) à un rythme certes moins soutenu qu’au trimestre précédent (+15,2 %). Cependant la croissance des procédures collectives accélère dans le secteur de la construction, expliquant en grande partie la hausse observée sur le territoire.
En Guyane, le nombre de défaillances augmente pour atteindre 196 au T1 2026. La majorité des secteurs est concernée, en particulier la construction et le commerce et réparation automobile.
Alors que la tendance s’était inversée en fin d’année 2025, le nombre de défaillances est de nouveau orienté à la hausse en début d’année 2026 à La Réunion (+4,6 %). La situation continue, cependant, de s’améliorer dans le secteur de la construction.
À Mayotte, les entreprises concernées par une procédure de redressement ou liquidation judiciaire sont peu nombreuses (11).
Le nombre de défaillances augmente pour le troisième trimestre consécutif en Nouvelle-Calédonie. Toutefois, cette hausse ralentit nettement au T1 2026 à +2,3 % (après +13,0 %), sous l’effet d’un recul du nombre de défaillances dans les secteurs du commerce et de l’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages.
En Polynésie française le nombre de défaillances baisse de 11 %. Cette évolution concerne la quasi-totalité des secteurs d’activité.
Tous les secteurs des pays dits d’outre-mer, à l’exception du secteur de l’agriculture-sylviculture-pêche qui enregistre une baisse de défaillances de 10,4 %, ont subi une sérieuse aggravation des redressements et liquidations judiciaires d’entreprises au 1er trimestre 2026 par rapport au 1er trimestre 2025.
Au 1er trimestre de 2026 les Pays dits d’outre-mer ont subi 2 868 défaillances d’entreprises contre 2 612 au 1er trimestre 2025 et 2 363 au 1er trimestre 2024 alors que la moyenne de 2010 à 2019 s’établissait à 1 916 défaillances.
Le premier trimestre 2026 a donc été très sombre pour les entreprises d’outre-mer qui, en majorité, sont des très petites entreprises (TPE).
C’est l’indice d’une activité économique en très forte difficulté avec des conséquences dommageables pour l’emploi.

M.B

   

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