Le mardi 23 juin, l’Assemblée nationale française a voté par 271 voix pour, 202 contre et 64 abstentions une réforme constitutionnelle d’importance, car elle consiste à accorder à la Corse une “autonomie au sein de la République”.
Il est dévolu à la Corse non seulement la possibilité d’adapter les lois et règlements de la France, mais aussi de prendre ses propres textes, en particulier législatifs.
Une loi organique (constitutionnelle) doit édicter les compétences de la Collectivité de Corse sur la base des “intérêts propres” à la Corse. Le pouvoir promet, à titre d’exemple, “l’aménagement du territoire, le tourisme ou le développement économique”, à l’exception des compétences dites régaliennes : sécurité, défense, justice, monnaie, etc.
La nation corse n’est pas explicitement reconnue. Mais la loi votée admet que la société corse est une “communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse”. Cette formule a été très durement contestée. Ce qui montre que le jacobisme centraliste reste profondément ancré dans la culture politique française. Historiquement il remonte à la Révolution française. Plus de deux siècles !
Ont voté pour la loi constitutionnlle le camp macroniste (Renaissance, MoDem et Horizons), une fraction majoritaire des socialistes et des écologistes, et la quasi-totalité des “insoumis” depuis que Jean-Luc Mélenchon a basculé de sa position furieusement jacobine en se déclarant pour l’autonomie de la Corse et des pays dits d’outre-mer. Le Rassemblement national et Les Républicains de Bruno Retailleau ont exprimé une opposition fort jacobine.
Le groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) s’est divisé entre le vote pour des députés ultramarins et le vote contre et les quelques abstentions des députés communistes.
Le passage au Sénat, donné come hostile à cette réforme, sera plus périlleux sans parler de la nécessaire réunion du Congrès des parlementaires à Versailles où un vote des 3/5ème est requis pour l’adoption de cette loi constitutionnelle.
Il n’en demeure pas moins qu’un pas majeur a été franchi.
Cet exemple corse conforte ceux qui ont posé depuis des lustres la question du changement statutaire de la Martinique pour changer de modèle économique et promouvoir l’identité martiniquaise. L’égalité des droits ne veut pas dire l’uniformité et l’identité copie conforme.
Le Congrès des élus martiniquais a voté à l’unanimité en octobre 2025 pour un “pouvoir normatif autonome”.
Ce qui veut dire le droit de faire des lois-et règlements-pays adaptés à nos réalités.
Il est certain que, tout en étant conscients que la situation de la Corse n’est pas assimilable à celle des peuples des pays dits d’outre-mer, le parcours politique de l’autonomie corse nous concerne au premier chef.
Pour avancer nous devons faire entendre notre voix avec force au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Michel Branchi (28/06/2026)





