
La question de la vie chère a été l’objet de rapports récents de l’Institut d’émission des DOM (IEDOM) et de l’Autorité de la Concurrence. Bien que ces documents soient importants et denses, ils ont provoqué des réactions rapides du côté du patronat. C’est dire si la question des prix et des marges, donc du profit, est éminemment sensible.
L’étude de l’Iedom s’intitule : “Analyse des marges dans la chaine de distribution alimentaire en Martinique- Un écart limité avec l’Hexagone en 2023, sauf dans le secteur de la logistique” ( N°860-Février 2026- 9 pages).
L’avis de l’Autorité de la Concurrence annonce : “Avis n° 26-A-01 du 10 février 2026 relatif aux marges des grossistes-importateurs et des distributeurs de produits alimentaires de première nécessité en Martinique. 96 page”.
Nous présentons ci-après un résumé de ces documents importants.
Une fois de plus, l’octroi de mer est accusé de participer au surcoût des prix par rapport à la France sans démonstration pertinente vu que la TVA est inférieure aux taux appliqués en France. De la même manière le monopole de la CMA-CGM n’est pas dénoncé ainsi que ses taux de fret maritime. Aucune mesure sérieuse n’est proposée. Sauf à demander aux importateurs grossistes de ne répercuter les coûts de transport maritime qu’à la valeur des importations et non au volume pour les produits alimentaires (recommandation n°6) et à accroître la concurrence dans ce secteur(recommandation n°4).
Il est mentionné que les marges, à l’exception de la logistique et des droits de ports sont comparables à celles pratiquées en France. La cause de la vie chère serait seulement structurelle et multifactorielle. L’Autorité de la Concurrence en vient enfin à la nécessité de doter aussi bien l’Observatoire des prix que la DGCCRF de pouvoirs d’investigation supérieurs en moyens humains et juridiques. Ce que nous ne cessons de répéter depuis plus de dix ans.
Dans un communiqué du 13/02/2026 le Medef-Martinique commente l’Avis de l’Autorité de la Concurrence et déclare notamment : “La question de la vie chère ne saurait être réduite au seul niveau des prix. Elle est indissociable de celle du niveau des revenus, d’emploi, d’investissement et de la capacité productive du territoire. Un territoire qui vieillit, perd des actifs et dépend massivement des importations ne pourra réduire durablement les écarts de prix sans transformation économique profonde. La baisse structurelle des prix passera par une économie plus forte, plus productive et plus compétitive”.
Nous avons défendu depuis le début de cette crise qu’il était nécessaire de refonder le modèle économique martiniquais. Mais cela implique des pouvoirs nouveaux aux plans institutionnel, économique et fiscal. C’est-à-dire un degré d’autonomie optimal.
Michel Branchi
