
La mobilisation des sapeurs-pompiers aura finalement trouvé une issue favorable. Après plusieurs heures de tensions et de négociations, le préavis de grève déposé par le syndicat FO SIS 972 a été levé mercredi 25 février 2026 au soir, à l’issue d’un accord conclu avec la direction du Service d’Incendie et de Secours de la Martinique.
Dès 8 heures, professionnels, volontaires et personnels administratifs et techniques se sont rassemblés devant l’état-major à Fort-de-France. À l’origine du mouvement : un appel du syndicat Force Ouvrière, rapidement soutenu par les représentants des sapeurs-pompiers volontaires (SPV). Dans un message adressé à leurs collègues, ces derniers affirmaient : “Aujourd’hui, il ne s’agit pas simplement d’un mouvement social. Il s’agit de l’avenir de nos conditions d’engagement, du respect dû au volontariat et des moyens qui nous sont accordés pour accomplir nos missions.”
Le ton était donné : au-delà des revendications salariales, c’est l’organisation même du service et les conditions d’exercice qui étaient au cœur des inquiétudes.
Des conditions de travail jugées inacceptables
Parmi les griefs principaux figure l’insalubrité de certains centres de secours. Dwevan Delivry, le secrétaire général de FO SIS 972 évoquait notamment la présence de rongeurs dans plusieurs casernes. Les agents mobilisés pointaient également :
– L’insalubrité de certains sites (prolifération de nuisibles, etc.)
– Les moyens opérationnels et les conditions d’exercice
– L’organisation interne et la transparence
- La transversalité entre les différents services
– La sécurité des centres
– Le dialogue social, la reconnaissance et la valorisation de l’engagement SPV
– L’usage et la mise à disposition des moyens de service
– Le non-paiement ou les retards d’indemnisation
– Les représentants alertaient sur les conséquences concrètes de ces dysfonctionnements : une sécurité opérationnelle fragilisée et un risque pour la continuité du service public rendu à la population martiniquaise.
Douze heures de négociations
Après une journée entière de discussions, un protocole d’accord a été signé en soirée. Le préavis de grève a été levé. FO SIS 972 affirme avoir obtenu : un échéancier précis pour les réparations et la sécurisation des centres, le renforcement des actions contre les nuisibles, des clarifications sur l’organisation du service et enfin des garanties sur les salaires et le paiement des prestataires. Le secrétaire général du syndicat s’est dit satisfait des avancées.
De son côté, la direction du SIS souligne que les échanges ont permis d’aboutir à des engagements réciproques. Elle rappelle toutefois évoluer dans un environnement économique complexe, marqué par des tensions de trésorerie, comme de nombreuses collectivités et établissements publics.
Modernisation des casernes : un chantier déjà engagé
Cette crise sociale intervient alors qu’un vaste programme de reconstruction des casernes est en cours sur le territoire, dans le cadre du Plan Séisme Antilles.Soutenu financièrement par l’Agence française de développement via le Fonds Outre-Mer, le projet prévoit notamment la reconstruction ou la modernisation de centres au Diamant, au Saint-Esprit et à Saint-Joseph, ainsi que la création d’un centre technique territorial à Mangot-Vulcin. Une subvention de 200 000 euros a été accordée pour financer les études environnementales et réglementaires préalables. Un protocole financier pluriannuel 2025-2027 a également été signé afin de sécuriser les capacités d’investissement du service.
M.C
