Le contexte
Alors qu’une négociation avait encore lieu la semaine dernière à Genève sur la question du nucléaire, Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont lancé une attaque contre l’Iran samedi 28 février. Cette nouvelle offensive est plus massive que la guerre dite des Douze jours menée en juin dernier par Israël et les États-Unis en Iran contre les installations nucléaires.
L’Iran a répliqué en visant Israël mais aussi les pays voisins abritant des bases américaines. Abou Dhabi, Koweït, Qatar, Bahreïn… Plusieurs autres pays de la région recensent des explosions sur leur territoire. L’armée israélienne a annoncé des bombardements “au cœur de Téhéran” dimanche 1er mars matin.
La mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans les bombardements, a été confirmée ainsi que celles de plusieurs hauts responsables du régime.
L’essentiel
Donald Trump a appelé le peuple iranien à “s’emparer” du pouvoir, dans une vidéo sur sa plateforme Truth Social. Il a également menacé l’Iran d’une riposte militaire “sans précédent” en cas de représailles après la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei.
L’Iran a annoncé ce dimanche 1er mars de nouvelles frappes sur Israël et des bases américaines dans le Golfe. Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti en Israël et de fortes explosions ont été entendues notamment à Doha, à Manama et à Dubaï.
Israël a déclaré un état d’urgence spécial. Huit personnes ont été tuées dimanche dans des bombardements dans le centre du pays.
Selon le bilan établi samedi 28 février par le Croissant-Rouge iranien, les bombardements israélo-états-uniens ont fait plus de 200 morts. Le pouvoir judiciaire iranien a fait état d’au moins 108 morts dans une école de filles.
Réactions internationales
Principales réactions internationales à la disparition du guide suprême iranien.
La France ne peut “que se satisfaire” de la mort de Khamenei
La France ne peut que “se satisfaire” de la mort d’Ali Khamenei parce qu’il était “un dictateur sanguinaire”, a estimé dimanche 1er mars la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. “Le mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région”.
La Chine demande “l’arrêt immédiat des actions militaires”
La Chine a déclaré dimanche 1er mars “condamner fermement” la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors des frappes américano-israéliennes, appelant une nouvelle fois à “l’arrêt immédiat des actions militaires”.
Cette mort constitue “une violation grave de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran, un piétinement des objectifs et principes de la Charte des Nations unies et des normes fondamentales des relations internationales”, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.
L’Iran y voit une “déclaration de guerre contre les musulmans”
Venger le guide suprême est un “droit et un devoir légitime” pour la République islamique, a lancé le président iranien, Massoud Pezeshkian. La mort de cette “plus haute autorité politique de la République islamique d’Iran et d’un éminent chef du chiisme dans le monde” constitue une “déclaration de guerre contre les musulmans, et en particulier contre les chiites, partout dans le monde”, a-t-il affirmé, dans un communiqué diffusé par la télévision d’État.
Les États-Unis se félicitent de la mort de ce “gang de VOYOUS assoiffés de sang”
“Khamenei, l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire, est mort. Ce n’est que justice pour les Iraniens, mais aussi pour tous les grands Américains, et les gens de nombreux pays à travers le monde, qui ont été tués ou mutilés par Khamenei et son gang de VOYOUS assoiffés de sang”, a écrit le président américain, Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Pour Israël, “justice a été rendue”
“Justice a été rendue, et l’axe du mal a subi un revers cuisant (…) Nous continuerons à agir avec fermeté pour protéger l’État d’Israël”, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israel Katz.
L’Irak annonce trois jours de deuil national
Le chef chiite Moqtada Sadr a annoncé trois jours de deuil en Irak. “C’est avec une profonde tristesse et un immense chagrin que nous adressons nos condoléances à l’ensemble du monde islamique pour le martyre du leader de la révolution islamique”, a-t-il écrit sur X. À Bagdad, des manifestants ont tenté de prendre d’assaut la zone hébergeant l’ambassade des États-Unis, mais en ont été empêchés par la police.
La Grande-Bretagne s’inquiète de la riposte
“Peu de gens pleureront” la mort d’Ali Khamenei, a assuré le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, estimant que “l’Iran et le régime qu’il a dirigé pendant si longtemps constituent une source de mal”. “L’inquiétude désormais, bien sûr, est que ce régime riposte… de manière de plus en plus indiscriminée et étendue, et les gens craindront vraiment que ce ne soient pas seulement de cibles militaires”, a-t-il poursuivi.
La Russie loue “un homme d’État hors pair”
Vladimir Poutine a dénoncé la mort du guide suprême, qualifiant cet acte de “violation cynique” de “la morale et du droit international”. Dans une lettre adressée à son homologue iranien, Massoud Pezeshkian et publiée par le Kremlin, il a présenté ses “plus sincères condoléances pour l’assassinat” d’Ali Khamenei, affirmant qu’il avait été “perpétré dans une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international”.
Le président russe a affirmé que le guide suprême “restera (it) dans les mémoires comme un homme d’État hors pair qui a apporté une contribution personnelle immense au développement des relations d’amitié entre la Russie et l’Iran”.
L’Espagne interdit aux États-Unis d’utiliser les bases militaires espagnoles pour frapper l’Iran
Une fois de plus, l’Espagne se démarque nettement du reste de l’Europe, à commencer par la France. Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a pris la décision d’interdire aux États-Unis d’utiliser les bases militaires espagnoles sur son sol pour mener des attaques contre l’Iran. “L’Espagne a une position très claire : la voix de l’Europe doit être en ce moment une voix d’équilibre et de modération, de travailler pour la désescalade et pour qu’elle revienne aux tables de négociation”, a déclaré lundi 2 mars le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.
Condamnant les attaques iraniennes contre les pays du golfe Persique, notamment Chypre, l’intéressé a également rejeté “une spirale de violence et d’actions militaires unilatérales en dehors de la Charte des Nations Unies”.

