Des agriculteurs antillais en garde à vue, puis libérés

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Des tracteurs en direction de Paris

Lors d’un rassemblement le 14 janvier à Paris, 52 militants agriculteurs de la Confédération paysanne ont été placés en garde à vue après une intrusion dans une annexe du ministère de l’Agriculture. Parmi eux, plusieurs agriculteurs étaient originaires des pays dits d’outre-mer.Ils ont été relâchés après quelques heures en garde à vue.

Les militants sont entrés dans la DGPER (direction générale de la Performance économique et environnementale des entreprises) située à une centaine de mètres du ministère et ont déployé des banderoles pour exposer leurs revendications, comme la fin de l’abattage des troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire, mais surtout contre l’accord d’association UE-MRCOSUR.

La Confédération paysanne a dénoncé dans un communiqué, que « la colère des paysans sait criminalisée par le gouvernement », après ces interpellations.

Précisons que la confédération paysanne n’est pas le premier syndicat agricole, mais la FNSEA.

Jean-Yves Tarcy le Président de la Chambre d’agriculture de Guyane, deux Réunionnais, trois Martiniquais (Guy Albert Levostre (secrétaire général), Patrice Persia (secretaire adjoint), Glaucus Gratien (président de l’OPAM, l’organisation patriotique des agriculteurs de Martinique), et des Guadeloupéens ont été interpellés.

Le jeudi 15 janvier, Philippe Uri de l’Union des paysans et producteurs guadeloupéens a été libéré, tout comme Patrice Persia et Axel Hoarau de la CGPER, la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion.

Deux poids, deux mesures entre les syndicats français ?

La FNSEA, qui a longtemps été la seule interlocutrice de l’État avant l’émergence d’autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d’imposer son ordre du jour à l’État.

« La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier », a lancé Stéphane Galais, lporte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l’entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi 13 janvier, escortés par la police.

« La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient, c’est de la répression », a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.

Le président du PALIMA Francis C  arole a dénoncé ces arrestations : “Dans le contexte de crise du monde agricole en France, plusieurs personnalités et syndicats de Martinique, Guyane, Réunion et Guadeloupe ont répondu à un appel de la Confédération Paysanne à manifester devant le ministère français de l’agriculture, le mercredi 14 janvier. Ces représentants de nos différents pays entendaient, par leur présence :

– Apporter leur soutien aux agriculteurs français,

– Faire valoir leurs propres revendications dans le débat autour du MERCOSUR ou sur la question du POSEI (programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité)

– Et, plus largement, défendre les intérêts et l’avenir de notre agriculture.

[…]

Trois de nos compatriotes, membres de l’Organisation Patriotique de Martinique (OPAM), sont concernés par ces interpellations injustes :

Glaucus Gratien, Guy-Albert Levostre et Patrice Persia.

Nous dénonçons ces arrestations arbitraires, apportons notre soutien total à toutes les personnes interpellées et exigeons leur libération immédiate.”

Au siège de l’Union Européenne de Strasbourg, une manifestation a eu lieu le mardi 20 janvier, pour dénoncer l’accord entre l’UE et le Mercosur.

J-PM 19/01/2026