Santé en 2026 : nouvelles missions pour les infirmiers et augmentations des tarifs de consultation

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De nouvelles missions pour les infirmières

Un décret publié fin décembre au Journal officiel marque une évolution majeure de la profession infirmière en France. Pris en application de la loi du 27 juin 2025, ce texte redéfinit en profondeur le champ d’intervention des infirmiers diplômés d’État (IDE), en leur accordant davantage d’autonomie dans la prise en charge des patients. En parallèle, depuis le 1er janvier, certains spécialistes ont augmenté leur prix de quelques euros.

Jusqu’à présent, l’exercice infirmier reposait largement sur l’exécution d’actes prescrits par un médecin, selon une nomenclature inchangée depuis de nombreuses années. Désormais, les infirmiers peuvent initier certains soins relevant de leur domaine de compétences, sans prescription préalable, dans un cadre strictement encadré par la réglementation.

Consultation et diagnostic infirmiers reconnus

Le décret consacre officiellement la consultation infirmière. Celle-ci englobe des actions de prévention, de dépistage, d’éducation à la santé, de suivi thérapeutique et de soutien relationnel, y compris psychologique. Dans ce cadre, l’infirmier peut également établir un “diagnostic infirmier”, défini comme l’identification des besoins de santé relevant spécifiquement de son champ professionnel. Cette démarche ne se substitue pas au diagnostic médical, mais s’inscrit en complémentarité, une fois celui-ci posé.

Prescription et vaccination sans ordonnance

Autre avancée notable : les infirmiers pourront prescrire certains produits de santé et examens complémentaires, selon des listes qui seront fixées par arrêté après avis des autorités sanitaires. Ils sont également autorisés à vacciner sans prescription préalable pour plusieurs vaccins obligatoires, ainsi que pour ceux contre la grippe et le Covid, à partir de certains âges. Des tests de dépistage pour certaines infections sexuellement transmissibles pourront aussi être réalisés directement par les infirmiers.

Une autonomie encadrée et progressive

Si le texte élargit clairement le rôle clinique des infirmiers, il insiste aussi sur la nécessité d’une coordination étroite avec les autres professionnels de santé. La traçabilité des soins dans le dossier du patient devient un élément central, tout comme le travail en collaboration, notamment avec les médecins traitants. Par ailleurs, certains actes complexes, comme les soins postopératoires lourds ou l’anesthésie, restent soumis à prescription médicale.La mise en œuvre concrète de cette réforme dépendra toutefois de plusieurs arrêtés à venir, qui préciseront les listes d’actes, de prescriptions et les conditions d’accès direct aux patients. Le décret prévoit une entrée en vigueur progressive, au plus tard d’ici juin 2026.

La question de la rémunération reste en suspens

Sur le plan financier, le texte n’instaure pas de nouvelle rémunération automatique pour ces compétences élargies. La reconnaissance économique de ces nouvelles missions devra passer par des négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie. Les représentants de la profession saluent néanmoins une avancée décisive pour la reconnaissance du rôle infirmier, tout en appelant à une traduction concrète et équitable de ces évolutions dans les conditions d’exercice.Ce décret ouvre ainsi une nouvelle étape pour la profession infirmière, appelée à jouer un rôle accru dans un système de santé confronté à la pénurie médicale et à l’augmentation des besoins de soins sur l’ensemble du territoire.

Des consultations médicales plus chères à partir de 2026

Parallèlement à l’évolution du rôle des infirmiers, l’année 2026 sera aussi marquée par une revalorisation de plusieurs consultations médicales spécialisées. Des hausses de tarifs, actées dès 2024 mais jusque-là repoussées, entreront finalement en vigueur depuis le 1er janvier. Plusieurs spécialités sont concernées.

En pédiatrie, certaines consultations, notamment les examens obligatoires des jeunes enfants, verront leur tarif augmenter de plusieurs euros. En psychiatrie, la majoration appliquée aux consultations pour les enfants sera renforcée. D’autres disciplines, comme la neurologie, la dermatologie, l’endocrinologie ou encore la gynécologie, bénéficieront également d’ajustements tarifaires, avec des augmentations comprises entre 2 et 5 euros selon les actes.

Une consultation longue dédiée aux patients âgés

Une nouvelle modalité de prise en charge fait également son apparition : la consultation longue du médecin traitant pour les patients de plus de 80 ans. Facturable une fois par an, elle vise à mieux répondre à la complexité des situations liées au vieillissement. Elle pourra être mobilisée dans des contextes précis, comme un retour à domicile après une hospitalisation, une réévaluation de traitements multiples ou une orientation vers un accompagnement médico-social. Cette consultation spécifique doit permettre un suivi plus approfondi et mieux coordonné des personnes âgées.

Un nouveau mode de rémunération pour les généralistes

L’année 2026 marque aussi un changement important dans le financement de la médecine générale. Le système de rémunération évolue vers un forfait annuel par patient suivi, dont le montant varie en fonction de plusieurs critères, notamment l’âge, l’état de santé et la situation sociale du patient. Ce forfait pourra aller de quelques euros pour un patient sans pathologie particulière à des montants bien plus élevés pour les personnes âgées atteintes de maladies chroniques.À ce socle s’ajoute une part variable liée aux actions de prévention, comme la vaccination ou le dépistage, afin d’encourager une prise en charge plus globale. Des revalorisations concernent également certains actes techniques, chirurgicaux et obstétricaux. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de renforcer l’attractivité de la médecine libérale, d’améliorer l’accès aux soins et de soutenir les professionnels de santé dans leur exercice quotidien.

M.C