Déclaration du CNCP- Mouvement Asé Pléré Annou Lité

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À propos du déploiement militaire des États-Unis en mer des Caraïbes

Depuis plusieurs semaines, le monde entier assiste à un déploiement naval et militaire sans précédent en mer des Caraïbes, dans une région déclarée zone de paix, depuis janvier 2014, par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC). Les 33 pays membres de la CELAC s’engageaient alors à œuvrer en faveur du règlement pacifique des différends, afin d’éradiquer le recours à la force ou à la menace. Il s’agissait aussi de défendre la souveraineté des peuples de notre région contre l’interventionnisme impérialiste.

Cette déclaration s’inscrivait clairement dans l’esprit du Traité de Tlatelolco, signé à Mexico le 14 février 1967, qui préconisait l’interdiction des armes nucléaires en Amérique latine et dans la Caraïbe. Ce traité entendait ainsi contribuer à la paix et à la sécurité régionales et internationales.

 Aujourd’hui, s’accrochant à une doctrine anachronique, la doctrine Monroe, qui a servi d’alibi à la réalisation des pires exactions contre les peuples, aussi bien dans la Caraïbe qu’en Amérique latine, les États-Unis décident de prendre le risque d’une aventure guerrière, dont les conséquences pourraient s’étendre bien au-delà des limites de notre région.

Personne dans le monde ne croit sérieusement au prétexte de la lutte contre la drogue avancé par l’Administration Trump pour justifier cette opération militaire. Mais qu’importe, plusieurs embarcations civiles ont déjà été bombardées, sans preuves, par les troupes américaines. Plusieurs dizaines de personnes ont déjà péri, victimes d’exécutions extrajudiciaires. 

En réalité, après une guerre économique impitoyable (plus de 1000 sanctions ou mesures coercitives unilatérales), des actions de déstabilisation, des tentatives de coup d’état, des tentatives d’assassinat, des tentatives d’invasion, toutes déjouées ou surmontées par le peuple vénézuélien et son gouvernement, il ne reste à l’impérialisme que l’intervention militaire directe pour renverser le gouvernement, le remplacer par un autre, plus docile et s’approprier les richesses du pays.

Dans son obsession absurde à vouloir continuer à considérer l’Amérique latine et la Caraïbe comme son arrière-cour exclusive, l’empire nord-américain omet de tenir compte du fait que nous ne sommes plus à l’époque où il pouvait imposer sa volonté et ses intérêts en piétinant la souveraineté et la dignité des peuples.

Aujourd’hui, le peuple vénézuélien est uni pour affirmer la souveraineté de son pays, en défendre l’intégrité territoriale et refuser tout ordre imposé de l’extérieur. De fait, avec cette nouvelle agression nord-américaine et dans un contexte où la nécessité du multilatéralisme est de plus en plus affirmée, l’Amérique latine et la Caraïbe se trouvent à un moment charnière de l’histoire.

Dans cette configuration, la résistance et la détermination du peuple vénézuélien face aux menaces impérialistes sont le symbole de la lutte menée pour l’avènement d’une nouvelle ère dans les rapports géopolitiques à l’échelle régionale et internationale.

Fort de France, le 13 novembre 2025

Pour le bureau exécutif

Edmond Mondésir