Transport public : Une priorité martiniquaise

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Le projet de la majorité actuelle de la CTM d’augmenter le plafond du versement mobilité (ex versement transport) de 2 % à  3 % a provoqué une levée de bouclier du patronat martiniquais.

France-Antilles du jeudi 29 janvier 2026 leur a ouvert généreusement ses colonnes sur une double page où ils ont pu verser leur bile. On y retrouve notamment Philippe Jock de la CCIM, Céline Rose de la CPME, José Maurice de la Chambre d’agriculture, Jean-Yves Bonnaire de la Fédération du BTP et de Contact-Entreprises, Charles Larcher de l’AMPI(Industries), etc. Le discours est rodé : l’augmentation des taxes va provoquer une hausses des charges et va pénaliser l’emploi, surtout des petites entreprises dont ils se vantent d’être le bouclier.

Le créateur et ancien président de Contact-Entreprises, organisation patronale plus virulente que le très réactionnaire Medef, Emmanuel De Reynal n’y va pas avec le dos de la cuiller.

Les entreprises vont  payer “la facture de l’incompétence” ; porter le versement mobilité à 3 %, c’est une augmentation de 50 % pour faire plus terrible ; 33 millions de plus c’est 33 millions de moins pour l’emploi, lance De Reynal  en guise de slogan simpliste ; augmenter les charges des entreprises, c’est augmenter les prix aux consommateurs et la vie chère ; last but not the least l’argument politique : “cette nouvelle habilitation (est) assortie d’une capacité grisante de ‘lever l’impôt’“. Résurgence de la vieille hostilité à la plus petite parcelle d’autonomie politique et fiscale.

La réalité est fondamentalement différente : la CTM, principal soutient, finance Martinique transport à hauteur de 110 millions d’euros et, malgré tout, le déficit de cette société est en moyenne de 60 millions d’euros. Les recettes d’exploitation (paiement des usagers) ne sont que de 11 millions d’euros.  L’effort demandé ne concerne que les entreprises de plus de 11 salariés. Donc les très petites entreprises ne sont pas visées.

Il faut moderniser le transport en renouvelant les bus, en les entretenant, en payant correctement les chauffeurs, en agissant contre les incivilités et actes d’agression. Pour cela il faut augmenter le financement.

L’amélioration du transport devrait amener plus d’usagers et donc moins de pertes de temps et d’argent et plus d’activité pour les entreprises. C’est que les économistes nomment la croissance, c’est-à-dire plus d’activité et donc d’emploi pour le pays et de bénéfices pour les entreprises. La rentabilité au rendez-vous pour le Pays.

En réalité le marasme dans le transport coûte cher à la Martinique en perte d’activité, d’investissements et de demande des consommateurs. Il est clair que l’augmentation du versement mobilité entre 8,4 millions d’euros et 33,5 millions d’euros sera réinvesti localement et apportera en retour un souffle d’air aux entreprises.

Les simulations financières montrent que la hausse du taux entraînerait une augmentation de plus de 33,5 millions d’euros avec un montant de recettes de 100,5 millions d’euros au lieu de 67 millions d’euros en 2025.

La réaction du patronat martiniquais est à courte vue en raison de sa mentalité de classe bornée.

Cela implique en même temps une gestion plus rigoureuse de Martinique transport.

La vérité est que le transport public doit être érigé en priorité martiniquaise et chacun doit s’en pénétrer du chauffeur à l’usager, en passant par Martinique transport et la CTM.                                                                                                          

Michel Branchi