Maurice Laouchez : Antillais si vous cherchez à vous émanciper, vous subirez le coup d’Etat de Trump au Venezuela

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Maurice Laouchez

L’enlèvement criminel de Nicolás Maduro, président de la République bolivarienne du Vénézuela, a été l’occasion pour certains courants hostiles à toute politique progressiste d’exhaler leur haine du socialisme et de toute volonté d’émancipation.

C’est ainsi que nous avons lu avec beaucoup de haut-le-cœur un libelle de Maurice Laouchez dans la version numérique d’Antilla du 7 janvier sous le titre “Au Vénézuela : Un crime colonial facilité par l’échec Marxiste”.

L’enlèvement de Nicolàs Maduro, dans la nature des choses

Ce chroniqueur commence par banaliser l’acte d’enlèvement de Nicolás Maduro en estimant que “L’enlèvement de Nicolás MADURO par les forces armées américaines ramène notre 21 ème siècle aux pratiques coloniales de toujours. Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, sur les Cinq continents, des armées se sont imposées sur des territoires qui n’étaient pas les leurs”. En clair, le colonialisme. Cependant, il ne peut faire l’impasse.

 de l’Histoire en reconnaissant que “C’est sous le drapeau marxiste qu’eurent lieu, notamment, l’insurrection de la Commune à Paris, les révoltes syndicales à Chicago, la révolution russe, la Grande Marche de Mao-Tsé-Toung, la révolution cubaine  de Castro, et  celle d’Hugo Chavez au Vénézuela.”

 Et il pourrait citer le mouvement de décolonisation en général dans le monde depuis Bandoeng. La libération nationale de nombreux peuples s’est inspirée des analyses marxistes, est-il contraint d’admettre. A regret.

Prétendu “Echec du marxisme” au Venezuela et à Cuba

Il écrit notamment toutefois : “L’acte  criminel, qui vient d’être perpétré par les Etats-Unis à Caracas est un acte colonial commis dans un pays dont la doctrine officielle était le marxisme. Si cet acte criminel est devenu possible en plein 21ème siècle, c’est que, comme à Cuba, l’expérience marxiste a échoué au Vénézuela. Au-delà de toute discussion, un critère, et un seul, suffit à caractériser ces deux échecs: l’exode de millions de Cubains et de Vénézuéliens, lassés de la destruction de l’économie et de la société de leur pays par des doctrinaires aveugles”.

Attention à “l’influence marxiste” aux Antilles

Et de conclure sur “l’influence marxiste” aux Antilles par une pseudo-question : “Aux Antilles, notre positionnement géographique américain, notre appartenance  politique à la France  et le spectacle que donnent actuellement nos autorités tant nationales que régionales nous conduisent forcément à nous poser la question: l’influence marxiste, conduirait-elle  systématiquement, à échéance plus ou moins longue, à la destruction de l’économie et à l’effondrement des sociétés ?

MANMAY AN NOU GADÉ DOUVAN”.

Autrement dit, se libérer du colonialisme nous conduirait à plus moins brève échéance à subir un “acte criminel” ou “colonial” des Etats-Unis. Restez tranquilles.

Inutile sans doute d’expliquer que le prétendu “échec” au Venezuela et à Cuba est dû essentiellement en Amérique latine à l’entreprise méthodique de l’impérialisme yankee d’asphyxier économiquement et politiquement ces pays en leur appliquant la vieille doctrine Monroe du 19ème siècle pour dresser la population contre les dirigeants. D’où l’émigration encouragée souvent par des mesures d’aides aux ressortissants de ces nations alors que les immigrés aux Etats-Unis sont refoulés par la force.

Pourquoi M. Maurice Laouchez ne parle pas d’ “échec” de deux autres pays “marxistes”, à savoir la Chine ou le Viet-Nam qui prospèrent, sans parler de certains Etats de l’Inde dirigés par des communistes ?

Michel Branchi