Le Grand Port de Martinique se tourne vers l’énergie solaire pour réduire ses coûts

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Le président du directoire du GPMLM Bruno Mencé et Aurélien Croq, directeur général de SolarInBlue

Fin 2025, le Grand Port Maritime de la Martinique (GPMLM) et l’entreprise Solar in Blue, ont lancé le programme “Soley Blé”.  Il s’agit d’un projet expérimental avec l’installation d’une centrale photovoltaïque flottante. Selon la direction du GPMLM, ce projet marque une continuité dans le projet de décarbonisation du port.

Fondée en 2019, la société SolarinBlue conçoit des centrales solaires flottantes adaptées aux environnements maritimes exigeants. Grâce à la technologie de ferme solaire en mer de SolarinBlue, les territoires insulaires disposent d’une alternative crédible aux énergies fossiles importées, produisant une électricité propre et locale sans mobiliser de foncier côtier.

Il s’agit d’un défi pour le GPMLM. Contraint par le foncier, la direction du port s’oriente vers la transition écologique : “Il y a eu une première phase de travaux qui est cours en ce moment pour 11M€. Nous sommes entrain d’installer des panneaux photovoltaïques sur nos bâtiments. Ce dispositif devra nous permettre d’économiser 50% de nos factures et réduire notre dépendance aux énergies fossiles” explique Bruno Mencé, président du directoire du GPMLM.

Il poursuit : “Nous sommes très contraint au niveau du foncier, on avait peu de possibilité sur le photovoltaïque terrestre. Nous avons à disposition un domaine maritime important et nous avons un esprit créatif et innovant. Nous cherchons donc à atteindre une autonomie totale énergétique pour le port. Si ce projet abouti, nous serons en autonomie totale sur le port, ce qui serait exceptionnel pour la Martinique.” Pour la mise en place du projet, le coût est estimé à 6M€.

Le GPMLM s’est tourné vers SolarInBlue. Selon Aurélien Croq, directeur général de l’entreprise, l’énergie solaire est la meilleure solution pour le port de Martinique : “Le solaire photovoltaïque est l’énergie renouvelable la moins chère à mettre en œuvre […] L’enjeu du projet “Soley Blé”, c’est d’arriver à proposer un projet de production électrique décarboné qui répond aux enjeux de croissance de la demande électrique du port, d’une production qui n’exige pas de foncier.” 

D’après SolarinBlue, l’installation devrait se faire au niveau de la Pointe des Grives. Elle sera directement reliée au réseau électrique du port. De plus, elle devrait correspondre aux spécificités climatiques de la Martinique : “Cette électricité décarbonée sera produite avec une infrastructure qui est conçue par rapport aux enjeux du territoire, en répondant aux enjeux de concertations et à l’impact environnemental maîtrisé […] on a l’ambition d’apporter une réponse sur des houles plus significatives qui sont celles qu’on va rencontrer dans la baie de Fort-de-France. Notre technologie sera aussi soumise aux évènements cycloniques.

Un projet expérimental qui n’est pas entièrement acté

Selon SolarinBlue, l’étendue de l’installation photovoltaïque devrait être égale à celle d’un terrain de football. C’est l’équivalent de 1 600 à 1 700 Mégawattheures par an. Ces panneaux sont construits en Chine.

SolarinBlue est déjà implanté en Polynésie dans le port de Sète dans le sud de la France. Il s’agit donc d’un projet qui prend de l’espace et qui pourrait perturber des activités de pêche ou le bon déroulement de la biodiversité. Il y aura donc une phase de concertation avec toutes les parties-prenantes : “Il y a beaucoup d’obstacle encore à lever. Il y a des études environnementales à faire, il y a de la concertation à mettre en place avec les acteurs du territoire. Mais ça, nous avons l’habitude de le faire en général. Il nous faut convaincre […] Nous savons où nous allons. Ce projet n’est pas farfelu car SolarinBlue a des références. Nous sommes conscients des écueils, nous ne partons pas la fleur au fusil. Nous aurons également l’appui des services de l’Etat que ce soit l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) ou la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) pour nous accompagner et vérifier étape par étape la faisabilité du projet”, nous informe Bruno Mencé.

Pareil pour le directeur de SolarinBlue qui semble être conscient de nos spécificités locales : “Un sujet important dans ce projet, c’est la dynamique de concertation avec toutes les parties-prenantes, nous savons que nous serons proche de la Pointe des Grives, mais l’emplacement exact, sera à trouver avec toutes les parties prenantes. L’une des premières phases du projet, c’est de définir ensemble, les meilleures modalités. Ce travail de concertation concerne l’ensemble des utilisateurs de la mer, que ce soient les pilotes du port, les marins-pêcheurs, les associations environnementales” conclu Aurélien Croq.

La phase expérimentale va se dérouler sur deux ans à peu près, puis dans 4,5 ans on pourrait avoir un projet fini et exploitable, ce qui devrait permettre au port d’être entièrement autonome.      

J-PM