La rencontre- débat sur insécurité et violences organisée par le PCM samedi 24 janvier au Centre International de Séjour a été, sans forfanterie, un succès. Elle l’a été tant par la participation conséquente que par la richesse des interventions et des débats qui les ont suivies (Voir article dans ce numéro).
A cet égard il faut féliciter et remercier les intervenants invités, à savoir :
– Louis- Félix OZIER-LAFONTAINE, anthropologue ;
– Ronald CHOUX, éducateurs spécialisé;
– Fred GALVA, psychologue clinicien.
Pour notre part, nous avons retenu que la violence a toujours existé en Martinique car notre société s’est construite dans la violence. Ajoutons également dans la lutte contre le capital et la plantation.
Cependant depuis les dernières décennies cette violence a changé de forme. L’arme blanche du major a été remplacée par le révolver de certains jeunes.
D’où le fait que le sentiment d’insécurité s’est répandu dans la population. Le modèle jamaïcain-nord américain a été adopté par certaines couches générationnelles, est-il constaté. Nous avons appris en même temps que les petites îles sont plus perméables à l’insécurité.
L’absence de perspectives générée par le système néo-colonial départemental est un terreau fertile pour que germe le désir d’acquérir de l’argent facile dans le narcotrafic qui s’accompagne de la diffusion des armes à feu et la banalisation du passage à l’acte meurtrier.
La caractéristique de l’actuelle génération, nous dit un éducateur spécialisé, c’est le manque d’espoir.
Il est vrai que quatre enfants sur dix sont victimes ou vivent dans la violence intra-familiale. Et 70 % des familles monoparentales sont en situation de pauvreté. Or ce type de famille est presque dominant dans notre pays(43 % contre 25 % en France).
Le taux de chômage des jeunes de 15 à 29 ans est de 29 % en 2024 en Martinique contre 12 % pour l’ensemble de la population.
Nous sommes “une société singulière”, diagnostique l’anthropologue Félix Ozier-Lafontaine et désormais “nous sommes seuls”, insiste-t-il pour provoquer une prise de conscience salutaire.
Alors la vraie question est de savoir ce qu’il faut faire pour résister à cette insécurité et à cette violence endémique et si nous en avons la capacité.
C’est ici que doivent intervenir les forces de progrès de ce pays.
Bien sûr il faut poursuivre la réflexion sur la question qui s’impose face à nous : allons-nous laisser des Martiniquais détruire d’autres Martiniquais et du coup notre communauté nationale ?
Evidemment non. Certes l’Etat doit renforcer les moyens juridiques et matériels de lutte contre le narcotrafic et la circulation des armes. C’est sa responsabilité première.
Nous devons aussi exiger qu’il fournisse les moyens de lutter contre le mal-vivre et la pauvreté. Contre le mal-être qui en est la conséquence.
Toutefois la vraie cause est ce que nous nommons le “mal-développement” qui implique une toute autre politique et un changement de cadre institutionnel.
Cependant, aujourd’hui les forces vives du pays se doivent de se rassembler pour dans l’immédiat faire barrage à la désespérance et au fatalisme du malheur.
Nous, communistes, croyons dans le bonheur de l’être humain et savons que nous pouvons puiser dans les ressources de notre passé et nos combats pour construire notre futur en commun.
La réponse à ce défi majeur se doit d’être globale et cela dépend de nous-mêmes.
Allons-y résolument !
Michel Branchi

